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 Le travail en Service de santé mentale

Ce colloque n'est actuellement plus modéré. Il n'est donc plus possible de poster de nouveaux messages. Vous pouvez bien sûr consulter les messages existants. Pour mémoire, les deux questions liées à cet E.colloque étaient les suivantes :
a) Qu'est-ce qui fait l'originalité du travail en service de santé mentale ? Que peut-on en attendre ? Quels sont ses points forts, ses points faibles ?
b) Quelles stratégies, quelles propositions concrètes, quels « trucs et ficelles » envisager pour améliorer l'offre de soins ?
L'IWSM s'intéresse actuellement au contenu de cet E.colloque. Une information préparatoire aux Assises du 12 septembre sera éditée fin du mois d'août. Merci pour votre intérêt.
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Témoignages
Date: le 9 mai 2006 à 12:24

Vous pouvez témoigner d'une expérience vécue qui illustre les atouts et/ou les limites du service de santé mentale en répondant ci-dessous!

Re: Témoignages
Date: le 16 mai 2006 à 04:02

Une situation sur l'articulation du travail (en SSM) entre différentes fonctions au sein du service.

- Une maman est reçue depuis quelques années par une psychologue du centre, dans le souhait de travailler des difficultés personnelles importantes : somatisation, douleurs corporelles +++, séparation douloureuse avec violences et menaces.

- Madame a aussi « récupéré » deux de ses enfants qui avaient été emmenée par le père (enfants d'un mariage plus ancien) au moment de la séparation et qui avaient été écartés d'elle (manipulations, violences, discrédit permanent,.).

- La « cohabitation » est à la fois bienvenue et difficile, d'autant que du 2ème couple, madame a un jeune enfant auquel elle éprouve beaucoup de mal à mettre des limites. Les aînées acceptent mal la situation, d'autant qu'ils retrouvent leur mère après une longue absence ; le plus jeune se rend de plus en plus difficile, fâché et peiné d'être « détrôné » et qu'on lui mette des balises qu'il ne supporte pas !

- En même temps, madame se trouve « partagée » par des sentiments ambigus, qui l'affectent et la culpabilisent.

- adresse est faite à l'assistante sociale du service pour aider l'un des enfants en panne sur le plan scolaire, mais aussi pour entendre les difficultés résiduelles que Madame relate à la psychologue. Cet adolescent ne souhaitant pas consulter, le biais d'une orientation concrète est privilégié. Et le travail « s'amorce » à la fois dans l'écoute et dans l'action.

- l'effet sera à plus long terme, de soulager madame, et de permettre à ce grand adolescent, de prendre son autonomie tout en restant en lien avec sa famille : qu'il n'y ait plus conflit uniquement. qu'on puisse se quitter et se parler encore.

- Par ailleurs, madame réalise combien son enfant cadet est lui aussi « en panne » et la difficulté qu'elle éprouve, à la fois à lui mettre des limites, et en même temps à supporter que d'autres les mettent pour elle. (son aîné en l'occurrence).

- Elle fera au centre, une demande pour aller indépendamment de son propre travail individuel, consulter un autre thérapeute avec son dernier.

- De surcroît, une logopède sera présentée pour un travail de rééducation, avec l'enfant (au vu de problèmes scolaires).

***

- Dans tout ceci on constate l'importance de l'articulation entre les différentes fonctions du centre : on se parle, on discute de l'opportunité des différents suivis, et du moment adéquat pour les mettre en route.

- Le travail même s'il garde chez chacune, son caractère singulier peux s'opérer en lien : il ne s'agit pas en l'occurrence, de 4 démarches « cloisonnées » entre elles mais de restituer la demande de chaque « patient » dans la problématique familiale.

- On constatera d'ailleurs (avec déjà sûr, des « haut et des bas »), une amélioration de la situation globale et une plus glande satisfaction chez chacun.

- Des problèmes subsistent, mais une volonté à la fois de prise en charge plus globale de la situation, et « d'intéressement » individuel à la situation de chaque membre de la famille en difficulté, est déployée dans le centre en concertation. et ce tout en respectant le secret lié à la problématique de chacun.

- Le fait de se parler, de « travailler de concert » permet aussi d'ajuster son intervention, au mieux de ce qui s'est perçu dans (et par) l'équipe.

Responsable administrative d'un centre de guidance

Originalité du travail en santé mentale
Date: le 22 juin 2006 à 02:41

Notons au préalale 2 remarques:

- Notre institution, le Club de Jour, service provincial dépend administrativement du SSM d'Arlon, il en est le 2ème siège.

- C'est d'autant plus original que le Club de Jour est un centre thérapeutique de jour et pas un service de consultation.

L'accueil des personnes souffrant de troubles de santé mentale est au coeur de nos préoccupations. Notre travail s'organise autour de 3 axes:

< aspect vie communautaire
< les activités thérapeutiques (cors, créativité, expression)
< les entretiens de répondance qui s'articulent autour d'un projet individualisé.

Re: Témoignages
Date: le 30 juin 2006 à 08:27

Le travail en santé mentale

Son originalité, ce que l'on peut en attendre?
Notre commentaire sur la question 1.a.

Le service de santé mentale est un service ouvert à toutes personnes demandant de l'aide de type médico-psycho-sociale quelle qu'elle soit.
La prise en charge est globale et les gens sont moins considérés en fonction de leurs symptômes qu'en en fonction de leur demande, quelle qu'elle soit et d'où qu'elle vienne.
Il est important de maintenir la spécificité généraliste ambulatoire du service de santé mentale. Le service de santé mentale est un service accueillant en majorité une population en mal de vivre (en lien avec des difficultés relationnelles, socio-économiques.).
Le patient est pris en charge dans sa globalité (approche médicale personnelle, familiale, professionnelle, sociale, environnementale, .), toutes les interventions pouvant se faire au sein du même service, mais, souvent, avec le recours à d'autres personnes ou centres spécialisés, selon la nécessité.
Le service de santé mentale veut se démarquer d'une philosophie hospitalière rattachée aux pathologies psychiatriques. Il y a en effet une crainte que les gens soient catégorisés en fonction de leur symptomatologie et que dès lors ils soient stigmatisés dès leur entrée en service de santé mentale.

Le service de santé mentale travaille en équipe pluridisciplinaire afin que les demandes adressées au Service soient prises en charge par le thérapeute le plus adéquatement possible grâce à une organisation interne d'analyse des demandes en équipe plénière (psychiatre, psychologue, assistant(e) social(e), logopède, psychomotricien(ne), .). Si le service ne peut répondre à la demande, cette dernière est alors réorientée vers un autre service auprès duquel le service de santé mentale s'est préalablement renseigné sur les disponibilités. Le travail en réseau est donc un élément essentiel du fonctionnement des SSM.

Parce que les demandes sont tout venant et le travail pluridisciplinaire, il est important de maintenir une responsabilité médicale au sein des services de santé mentale par un médecin psychiatre ou pédopsychiatre. Le politique devrait pallier les difficultés de recruter des médecins spécialistes en SSM en rendant « attrayante » une fonction et une responsabilité médicale dans ce secteur ambulatoire (barêmes, déplacements, .). Cette fonction médicale représente une garantie essentielle de l'éthique et la déontologie cliniques vis-à-vis des consultants.
La responsabilité médicale assurée par un médecin spécialiste en psychiatrie représente le fondement de la pratique clinique en santé mentale ambulatoire.

Amélioration de l'offre de soins ?
Notre commentaire à la question 1.b.

Afin de répondre de manière optimale aux besoins et aux attentes de la population et d'offrir un éventail le plus large possible d'approches thérapeutiques, les travailleurs des SSM doivent pouvoir disposer de remises à jour régulières, de recyclages, de nouveaux apprentissages : il est impératif que le personnel des SSM puisse avoir accès à la formation et à la supervision dans le cadre du contrat qui les lie au Service (prise en charge financière et/ou horaire - au moins partielle - par le Service), d'autant que le principe de formation continue est inscrit dans le Décret de 1996.
Il y a lieu également de bien faire la différence entre formation et supervision dans l'attribution des moyens octroyés à ces deux exigences : l'une implique une connaissance plus générale, l'autre une analyse extérieure utile en rapport direct avec une situation clinique particulière (&#61664; institutionnaliser la supervision comme un élément à part de la formation en lui donnant des moyens distinctifs). La Plateforme des Professions de Psychothérapie défend ce principe de nécessité de supervision comme « rail » de la pratique psychothérapeutique.

L'optimalisation de l'offre de soins passe également par le souci d'un fonctionnement optimum des rouages du SSM dans le but de pouvoir proposer au personnel les meilleures conditions de travail possibles : une bonne prise en compte des aspects humains des paramètres institutionnels, un allègement de tâches ardues et réclamant des compétences spécifiques, un ajustement des moyens aux besoins et leur meilleure répartition, ., ne pourront qu'avoir des effets bénéfiques sur la prise en charge du patient (sous forme entre autres de récupération de ressources temporelles et financières précieuses à reconsacrer aux soins aux patients et sous la forme d'incitants à faire régner un climat de travail serein), comme
- une augmentation devenue incontournable (vu l'augmentation des coûts de la vie, l'accroissement des projets et des missions à réaliser, . depuis 10 ans !) des subsides de fonctionnement, relevés à un niveau correspondant mieux aux réalités actuelles
- l'ouverture au cadre du personnel agréé et subsidié d'une fonction de direction administrative à part entière, ce qui rétablirait l'équilibre entre les SSM constitués en ASBL et ceux rattachés à une autre structure, qui peuvent la commanditer grâce à d'autres fonds
- maintenir et soutenir le rôle important du « conseil » (article 16 du Décret de 1996) comme organe de participation des travailleurs et de concertation entre eux et les pouvoirs organisateurs décideurs. Y étendre la représentativité du personnel à tous les travailleurs sans distinction de fonction.
- la création d'un cadre spécifique pour le personnel d'entretien (de plus en plus contrôlé) afin d'en retirer la charge des coûts de fonctionnement et éviter la tentation et les risques du recours à des solutions illégales ou astreignantes dans les cas de recherches de compression des dépenses de fonctionnement
- l'application à tous les SSM (quelle que soit leur catégorie de Commission Paritaire de leur P.O.) d'aménagements des fins de carrière sous forme de congés supplémentaires ou de réduction des horaires (en fonction de l'âge et de l'ancienneté)

Les points forts, les points faibles:

Points forts

Une très bonne intégration des structures SSM dans le paysage psycho-médico-social et la population générale, grâce au travail en réseau, aux activités actuellement largement éprouvées et au professionnalisme des SSM > les capacités de prises en charge des SSM sont arrivées à saturation (à la fois point fort et point faible !)


La non stigmatisation « psychiatrique » des consultants (« c'est pas pour les fous !») rassure la population, qui apprécie au premier contact les qualités d'écoute et d'accueil des répondants. L'assurance que la demande va être prise en compte et en charge (même si cela nécessite des ré-orientations). La résolution socio-professionnelle et socio-économique, associée à la problématique psychologique peut être traitée par le service social intégré dans le SSM.

La pluridisciplinarité (médecin, psychothérapeute, service social, rééducateur, .) et le travail en réseau sont des spécificités liées aux SSM. Ainsi que son ouverture à toutes les catégories d'âge et de population et à tous les types de problématique. Grande souplesse de travail.

L'esprit « service à la population » (secteur non marchand !), fondement même de l'élaboration des SSM, est une notion unique et primordiale qu'il faut préserver.

Le coût modique des interventions permet à une population démunie qui ne peut s'offrir le privé de se faire aider. La gratuité est même possible quand la situation le requiert. Grâce au statut particulier de salarié des travailleurs. &#61664; accessibilité très large

La nature du statut des travailleurs permet de consacrer du temps aux réunions, intervisions, à la réflexion, aux échanges, à l'analyse, à la lecture, aux contacts extérieurs, ., outils bien précieux dans la recherche de solutions à apporter aux problèmes rencontrés, l'objectif de résultat n'étant pas la rentabilité, mais la qualité.

Points faibles

La gestion et la coordination du travail en réseau réclame du temps.
Le cadre du personnel agréé n'est plus suffisant (plus d'extension de nos équipes de base depuis 1983). L'absence d'objectif lucratif et la diminution de certains postes de subvention met les ASBL privées, comme la nôtre, en difficulté &#61664; manque de moyens à la fois financiers et en personnel.

La fonction de secrétaire au sein des SSM n'est pas suffisamment valorisée face aux multiples tâches administratives, de gestion, de coordination, d'intermédiaire, de « public relation », d'intendance, d'assistance, de soutien, d'écoute, de réceptacle de l'agressivité, de coursière, ., que l'on attend d'elle &#61664; inclure cette fonction dans les dispositions du Décret comme nécessaire bénéficiaire (au même titre que les thérapeutes) de formations.
&#61656; demande de revalorisation barémique, création d'un barême correspondant au diplôme de graduat en secrétariat
&#61656; demande de formations (écoute, comptabilité, informatique, animation, .) selon les besoins
&#61656; demande de participation à des groupes de parole pour apprendre à gérer les situations fortement chargées d'émotions
L'agréation du poste de secrétaire devrait tenir compte de la taille de l'équipe : comme elle est chargée d'assurer les permanences (téléphone, accueil) pendant les consultations, afin d'offrir au(x) consultant(x) comme au thérapeute un « confort » optimal pendant l'entretien, il nous paraît nécessaire de faire coïncider la plage horaire de secrétariat avec la plage totale des consultations (plus il y a de thérapeutes, plus l'offre est élargie).

Les outils d'évaluation imposés aux SSM, dans sa forme actuelle, reflètent très peu à leur yeux la qualité et la nature exactes de leurs activités et ne permettent donc pas d'apporter une réponse adéquate (agrément de projets) aux besoins réels des populations, surtout en fonction de leur spécificité géographique, régionale, culturelle. De plus, ces outils (moutures 2005) ne sont plus du tout exploitables par le SSM lui-même qui souhaite réfléchir sur sa propre pratique et sa propre patientèle, ce qui est très utile pour faire évoluer son travail.
Des modifications des outils d'évaluation facilitant l'encodage des données feraient gagner beaucoup de temps et de lisibilité &#61664; il est demandé la refonte ou la création d'un « vrai » programme statistique performant par un informaticien compétent dans ce type de réalisation. Cette attente est d'autant plus grande que ce sont ces outils qui évaluent les pratiques et les besoins, génèrent les projets qui en ressortent et dont la forme facilite (ou complique) le travail des secrétaires et des gestionnaires.

Alors que le personnel est très soucieux du respect du secret professionnel dans sa pratique clinique, il estime que les modalités actuelles d'accès et de traitement des fichiers administratifs et épidémiologiques informatisés (en relation entre eux dans l'encodage) ne garantissent pas ce secret &#61664; si cette garantie ne peut pas être apportée avec toute l'assurance exigée, il attend que cet outil soit adapté pour répondre à la condition éthique la plus importante de tout travail dans le domaine médical.

Equipe du Service de Santé Mentale du Nord et Centre Luxembourg, asbl
Libramont
(sièges de Libramont, Saint-Hubert, Bouillon)




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