E-colloques

 Le travail en Service de santé mentale

Ce colloque n'est actuellement plus modéré. Il n'est donc plus possible de poster de nouveaux messages. Vous pouvez bien sûr consulter les messages existants. Pour mémoire, les deux questions liées à cet E.colloque étaient les suivantes :
a) Qu'est-ce qui fait l'originalité du travail en service de santé mentale ? Que peut-on en attendre ? Quels sont ses points forts, ses points faibles ?
b) Quelles stratégies, quelles propositions concrètes, quels « trucs et ficelles » envisager pour améliorer l'offre de soins ?
L'IWSM s'intéresse actuellement au contenu de cet E.colloque. Une information préparatoire aux Assises du 12 septembre sera éditée fin du mois d'août. Merci pour votre intérêt.
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Question b)
Date: le 28 avril 2006 à 11:04

Faites-nous part de vos réflexions sur la question b) en répondant ci-dessous!



Edité 1 fois. Dernière modification le 28/04/06 11:08.

Re: Question b)
Date: le 2 mai 2006 à 02:55

Nos réunions cliniques hebdomadaires qui réunissent l'ensemble de l'équipe sont un lieu de débat et de réflexion par rapport à ces questions.
Comment faire avec la liste d'attente, comment repérer l'urgence, où et quand réorienter, comment articuler le travail pour utiliser au mieux les potentialités de l'équipe, utiliser au mieux le réseau, comment affiner notre clinique pour répondre à des demandes de plus en plus complexes, une population de plus en plus paupérisée, de nombreuses demandes de patients psychiatriques, une nécessité- affirmée aussi par le réseau- d'être un fil rouge pour une série de gens et de familles ?

En ce qui concerne la liste d'attente, nous proposons un premier entretien
lorsque la demande n'est pas extrêmement claire, ce qui est majoritairement le cas. Ces entretiens permettent d'accueillir la demande, d'évaluer l'urgence et d'envisager la possibilité d'une réorientation. Ils sont faits la plupart du temps par une assistante sociale qui en fait retour en réunion.
Chaque demande fait l'objet d'une discussion en équipe pour déterminer la modalité première de prise en charge et l'attribuer à une personne de l'équipe qui est alors responsable de la suite à y donner.
Nous devons faire preuve de créativité et l'élaborer en équipe. Un suivi ne peut être schématique: séance hebdomadaire de psychothérapie, par exemple. S'adapter aux nouvelles pathologies et à la psychiatrisation des cas nous pousse à inventer. Nous développons le travail de prévention qui, nous l'espérons, est un travail en amont ( travail logopédique et psychomoteur en groupe dans des écoles, travail de prévention des troubles psychiatriques en collaboration avec le Beau-Vallon: Familiens, projet de travail avec un crèche).
Nous avons des conventions avec certaines institutions nous engageant à traîter des situations sans délai mais où la demande est très ciblée. Nous assurons des suivis à des fréquences " à la carte" selon le patient en nous rendant disponibles en cas de moments aigüs ( bouffée délirante, par exemple ou événement traumatique). Nous proposons parfois de recevoir le demandeur ou une famille à plusieurs intervenants pour nous soutenir et nous éclairer de nos différentes fonctions. Les psychomotriciennes quant à elles projettent de recevoir des mini-groupes d'enfants dès que l'infrastructure le permettra. Les interactions entre enfants pouvant être une richesse dans le travail. Nous pouvons envisager le même type de travail avec d'autres fonctions.
Le travail des logopèdes ne peut plus être un travail de rééducation classique, leurs consultants étant souvent des enfants d'origine étrangère ou des enfants limités intellectuellement ou présentant des problématiques multiples.
Créativité, affinage de la clinique et disponibilité sont les maîtres mots.

Psychologue d'un service de santé mentale

Re: Question b)
Auteur: X-fragile ( )
Date: le 4 mai 2006 à 03:10

Cher psychologue,

Lorsque l'on dédaigne ainsi une partie de la population (vos dernières lignes), nous ne pouvons pas nous étonner de votre anonymat courageux.

Je ne pense pas que la situation des Services soit aussi noire que vous nous le dites et je suis sûr que les autres thérapeutes (kiné et logos) font leur boulot.

Le problème est qu'il y a une sous-évaluation récurrente des besoins de la population et par conséquent, un nombre insuffisant de professionnels dans tous les services paramédicaux.

Je pense que le travail en service de santé est très important mais qu'il souffre d'un manque de visibilité comme dans le cas de certains CRF. Il faudrait accepter une évaluation de votre fonctionnement et analyser la population que vous accueillez à tous niveaux pour « profiler » en termes d'opérationnalité.

Trop de gens, et même des professionnels, ont une vue réductrice de la population qui souffre d'une déficience intellectuelle ou qui présente un trouble du comportement.

Loin de moi, l'idée de vous donner des leçons mais à vous lire, je pense que vous manquez d'une confiance voire d'un certain optimisme professionnel à l'égard de certaines populations (et je ne confonds pas optimisme et utopisme !). Un telle attitude peut réduire à néant la famille ainsi éconduites car mal écoutées mais le pire dans cela est l'absence, dans votre discours, de la personne en tant que demandeuse, certes parfois trop passivement, d'une prise en charge adaptée.

Cela fait déjà longtemps que les services de l'AWIPH travaillent avec des projets individuels et que des évaluations sont activées chaque année. Croyez que des projets structurés ont bien plus d'impact et de résultats que vos réunions cliniques hebdomadaires où la personne est absente ! Vous parlez de projets d'équipe et autres formes de collaboration à l'appui d'un plan où la personne n'est même pas présente !

Je pense que votre job est difficile mais il est vital de voir dans tous ces jeunes en difficultés ou porteurs d'une déficience intellectuelle, des personnes d'abord.

Je parlais pour les personnes qui ont une déficience, handicap, intellectuelle car elles ne pourront pas vous ni vous répondre.

Jean-Marc COMPERE - Père d'un jeune présentant un handicap mental

Re: Question b)
Date: le 4 mai 2006 à 04:32

Monsieur Jean-Marc COMPERE,

Quelque soit votre sentiment à la lecture du message d'un participant, c'est important de respecter leur volonté d'être anonyme.

C'est une modalité qui est proposée à tout un chacun.

Vous avez aussi utilisé l'anonymat lors d'un précédent message et personne ne vous le reproche.

Réponse à X-fragile
Date: le 9 mai 2006 à 12:04

Cher Monsieur,

Je pense que vous vous méprenez sur la nature de mes propos.
Je ne dédaigne aucune population et la philosophie de base de notre équipe est l'accueil de toute demande, que nous tâchons de pouvoir maintenir.

Je signalais précisément les difficultés de mes collègues logopèdes.
Je voulais insister sur la nécessité pour elles, de faire appel à toute leur créativité pour prendre en charge des situations beaucoup plus
compliquées qu'autrefois et pour lesquels la seule rééducation orthophonique traditionnelle ne suffit plus.
Il s'agit en effet pour elles de rencontrer la personne dans une problématique souvent multiple et ne se limitant plus à la rééducation d'un trouble spécifique du langage.
Désolée pour cette incompréhension. Les réponses écrites sont le résumé de réflexions et peuvent ainsi facilement mener à des malentendus. La rencontre de la personne est pour moi le coeur même de mon travail.

Psychologue d'un service de santé mentale

Re: Réponse à X-fragile
Auteur: X-fragile ( )
Date: le 9 mai 2006 à 03:45

Monsieur,

Bien reçu votre message mais n'est-ce pas ces logopèdes qui devraient s'exprimer et exprimer leurs difficultés professionnelles ?

N'est-ce pas aussi pour cette raison qu'en Belgique, on donne le titre de logopède au lieu d'orthophoniste comme nos voisins français ?

Quant à la qualité du travail d'un grand nombre de logopèdes, je le salue car ce sont des gens formidables et capables de résoudre bien des choses !

Quant à l'anonymat, c'est certes un droit dans ce site et contrairement à ce que dit le modérateur, je ne ne l'emploie jamais sauf involontairement par une structuration de la possiblité de répondre que j'aurais mal comprise !

Pour le reste, je suis satisfait des explications fournies.

Maintenant c'est vrai que plus la science avance et plus les profesionnels sont mis à contribution et souvent la demande dépasse l'offre mais je pense ausi que rien n'est simple que seule une prise en charge multidisplinaire peut porter ces fruits pour les personnes présentant d'importantes déficiences. C'est aussi une autre façon d'établir la prise en charge en établisssant un plan individuel.

Il est souvent dommage de constater le changement positif des certsaines valeurs professionnelles est raporté le plus souvent par d'autres en terme de gestion alors que le centre du problème est la relation patient - thérapeute !

Il vrai qu'aujourd'hui, on "soigne" les gens différemment avec plus d'écoute et plus de respect malheureusement cela a un prix mais ce prix, ce n'est pas au patient de le payer.

Respecter la personne comme elle est, est concept relativement récent et encore nébuleux pour certains mais la présence de ce respect se voit et se vit au quotidien.

Il faut rendre aussi les décideurs conscient de ce changement et des besoins nouveaux car pour apprécier des "soins" à leur juste valeur, il faut en avoir eu besoin.

Merci

Jean-Marc COMPERE



Re: Question b)
Date: le 11 mai 2006 à 08:01

En ce qui concerne l'obligation donnée par le décret de recevoir toute personne qui en fait la demande, ne serait-il pas important de rappeler que le nombre de demandes ne cesse de croître? est-il meilleur pour la personne de se voir donner un rendez-vous plusieurs semaines ou mois après sa première demande que de lui dire dès l'abord qu'il n'y a plus de place dans un délai raisonnable et qu'elle peut chercher un psy ailleurs? Il ne s'agit pas du tout de refuser des gens mais notre expérience nous montre que travailler avec une liste d'attente pose pas mal de problèmes. Recevoir rapidement les personnes une première fois et leur faire savoir alors que l'attente sera longue n'est pas toujours faisable ou pas toujours bien vévu. Beaucoup de patients disent leurs difficultés à venir dire leurs difficultés en sachant que la personne qu'ils rencontrent ne sera pas leur thérapeute.
Ce point peut-il être revu dans la modification du décret? Ne peut-on dans ce forum ouvrir une question particulière sur la réforme du décret réservée aux professionnels ?
Merci!
psychologue de centre de santé mentale

Re: Question b)
Auteur: X-fragile ( )
Date: le 11 mai 2006 à 10:45

Je pense aussi que l'important est de répondre immédiatement à la personne sans tenir compte d'un agenda stricte en fonction du besoin exprimé.

La réponse ne doit pas être spécifiquement une prise en charge directe et immédiate mais avoir une écoute et aussi juger de l'urgence du besoin ! La personne qui demande de l'aide à vos services, est certainement déjà préoccupée depuis longtemps et cette démarche lui coûte mais elle a franchit le pas ... et socialement on n'a pas le droit de la laisser seule !
S'il est vrai que les demandes augmentent, elles sont bien encore sous-estimées par rapport aux besoins non-dits dans la population en général.

Je pense aussi que les Services aux personnes ne doivent pas « tomber » dans le clientélisme car les Services sont nombreux et une orientation vers un autre peut parfois se révéler bénéfique pour le patient.
Dans certaines régions, il existe parfois plusieurs institutions à quelques Km l'une de l'autre, les agendas des unes ne sont pas ceux des autres : développons une synergie socio-éducative.

On peut aussi lors de l'écoute, apporter des réponses ou demande à la personne des examens complémentaires ... ceux permettront de mieux supporter l'attente ...
La pire des choses est le refus d'écoute ... Une personne écoutée et informée peut aussi comprendre mieux les évènements qu'elle vit ! Comprendre, c'est aussi apprendre ... et elle apprendra soit à attendre, soit à rechercher de l'aide ailleurs suivant les conseils mais elle aura déjà pu exprimer son angoisse ...

Jean-Marc COMPERE

Re: Question b)
Auteur: anonyme () ( )
Date: le 7 juin 2006 à 09:40

Des groupes de paroles plus nombreux où on peut exprimer ses ressentis, ses craintes.

Re: Question b)
Date: le 9 juin 2006 à 04:15

- garder la mission généraliste des SSM.
- reconnaître la possibilité de projets spécifiques dans des secteurs sensibles socialement.
- mieux garantir la présence du "médical" au sein de l'équipe (faibles possibilités d'offre par rapport à une demande importante liée à la précarité croissante du public).
- élargissement du cadre qui favoriserait les prises en charge pluridisciplinaires, en tandem et un travail extra-muros plus consistant permettant une mobilité accrue dans les possibilités de prise en charge.
- ouvrir le cadre de l'équipe à d'autres spécialisations (juriste, gériatre, pédiatre, ...)

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