Re: Question b)
Date: le 2 mai 2006 à 02:55
Nos réunions cliniques hebdomadaires qui réunissent l'ensemble de l'équipe sont un lieu de débat et de réflexion par rapport à ces questions.
Comment faire avec la liste d'attente, comment repérer l'urgence, où et quand réorienter, comment articuler le travail pour utiliser au mieux les potentialités de l'équipe, utiliser au mieux le réseau, comment affiner notre clinique pour répondre à des demandes de plus en plus complexes, une population de plus en plus paupérisée, de nombreuses demandes de patients psychiatriques, une nécessité- affirmée aussi par le réseau- d'être un fil rouge pour une série de gens et de familles ?
En ce qui concerne la liste d'attente, nous proposons un premier entretien
lorsque la demande n'est pas extrêmement claire, ce qui est majoritairement le cas. Ces entretiens permettent d'accueillir la demande, d'évaluer l'urgence et d'envisager la possibilité d'une réorientation. Ils sont faits la plupart du temps par une assistante sociale qui en fait retour en réunion.
Chaque demande fait l'objet d'une discussion en équipe pour déterminer la modalité première de prise en charge et l'attribuer à une personne de l'équipe qui est alors responsable de la suite à y donner.
Nous devons faire preuve de créativité et l'élaborer en équipe. Un suivi ne peut être schématique: séance hebdomadaire de psychothérapie, par exemple. S'adapter aux nouvelles pathologies et à la psychiatrisation des cas nous pousse à inventer. Nous développons le travail de prévention qui, nous l'espérons, est un travail en amont ( travail logopédique et psychomoteur en groupe dans des écoles, travail de prévention des troubles psychiatriques en collaboration avec le Beau-Vallon: Familiens, projet de travail avec un crèche).
Nous avons des conventions avec certaines institutions nous engageant à traîter des situations sans délai mais où la demande est très ciblée. Nous assurons des suivis à des fréquences " à la carte" selon le patient en nous rendant disponibles en cas de moments aigüs ( bouffée délirante, par exemple ou événement traumatique). Nous proposons parfois de recevoir le demandeur ou une famille à plusieurs intervenants pour nous soutenir et nous éclairer de nos différentes fonctions. Les psychomotriciennes quant à elles projettent de recevoir des mini-groupes d'enfants dès que l'infrastructure le permettra. Les interactions entre enfants pouvant être une richesse dans le travail. Nous pouvons envisager le même type de travail avec d'autres fonctions.
Le travail des logopèdes ne peut plus être un travail de rééducation classique, leurs consultants étant souvent des enfants d'origine étrangère ou des enfants limités intellectuellement ou présentant des problématiques multiples.
Créativité, affinage de la clinique et disponibilité sont les maîtres mots.
Psychologue d'un service de santé mentale