E-colloques

 Le travail en Service de santé mentale

Ce colloque n'est actuellement plus modéré. Il n'est donc plus possible de poster de nouveaux messages. Vous pouvez bien sûr consulter les messages existants. Pour mémoire, les deux questions liées à cet E.colloque étaient les suivantes :
a) Qu'est-ce qui fait l'originalité du travail en service de santé mentale ? Que peut-on en attendre ? Quels sont ses points forts, ses points faibles ?
b) Quelles stratégies, quelles propositions concrètes, quels « trucs et ficelles » envisager pour améliorer l'offre de soins ?
L'IWSM s'intéresse actuellement au contenu de cet E.colloque. Une information préparatoire aux Assises du 12 septembre sera éditée fin du mois d'août. Merci pour votre intérêt.
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Re: Question a)
Date: le 30 juin 2006 à 03:12

Nous avons choisi en équipe de discuter et de mettre en relief l'originalité et la spécificité de notre travail en SSM.

En particulier, nous avons cherché à dégager ce qui nous distingue d'autres centres ambulatoires tels que e.a. les centres de planning familial. Le travail d'accueil de psychiatrie aigüe (raptus anxieux et tentatives de suicide, troubles dépressifs et alimentaires, toxicomanies diverses, mal-être, .) représente effectivement notre quotidien dans le travail avec la population adulte. Cet aspect de psychiatrie aigüe se rencontre aussi dans le travail avec les familles comme faisant partie du contexte à prendre en compte.

L'absence de murs et de lits nous distingue par ailleurs du travail hospitalier et crée une complémentarité potentielle dépendante du travail de réseau. Cette absence de murs stimule le travail d'équipe à rechercher les ressources propres au patient et à son entourage. (« C'est le peuple qui soigne » disait L. Bonafé, psychiatre français décédé.)
Notre expérience d'équipe démontre que ce travail contribue à rendre au consultant fierté et confiance en ses capacités. Il réduit aussi le risque de passivation et d'identification à une pathologie mentale qu'un lieu hospitalier sous-tend davantage. Il nous apparaît que c'est un type de travail qui incite à une attitude participante à la société, ce que nous appelons « réseau ». (« La psychiatrie est la pathologie de la liberté » écrivait H. Ey, psychiatre français.)

Ce travail de psychiatrie aigüe est rendu possible grâce à la composition d'une équipe pluridisciplinaire. Celle-ci articule les aspects médicaux, psychologiques et sociaux. La qualité des prises en charge dépend en grande partie de la qualité du travail clinique, de la réflexion clinique en équipe et de la cohésion de celle-ci.

L'évaluation permet de se situer dans un contexte familial et social en veillant à être attentif aux ressources de la personne (et de son entourage). Elle peut aider à mettre en place une prise en charge dont la durée et les modalités sont réfléchies et déterminées au plus juste de l'intérêt du patient. De ce même point de vue, l'implication des usagers au travers d'une participation financière modulée nous apparaît comme un élément important de la dynamique de prise en charge. La modulation de la participation financière peut, pour notre équipe, aller jusqu'à la gratuité car il nous semble essentiel qu'aucune question d'argent puisse empêcher quelqu'un de consulter.

La 1ère étape est l'accueil qui se fait soit par téléphone soit sur place. Il contribue à une meilleure orientation de la demande et à la contenir. Le temps consacré à l'accueil (pour expliquer le fonctionnement d'un centre, préciser en quoi nous pouvons aider, l'attention portée à l'envoyeur) est toujours du temps gagné : les patients arrivent au rendez-vous plus en confiance.

Infractions à caractère sexuel - personnes âgées - dépendances et assuétudes sont des mots-clés qui peuvent représenter des équipes. Pour notre part, nous avons fait le choix d'un lieu généraliste qui, nous le pensons, est un élément de repère pour e.a. le suivi de familles précarisées.


Enfance - familles - adolescence - handicap - dépendances et assuétudes - maltraitance, ces quelques mots-clés font donc partie de notre quotidien, sans oublier les patients ayant un passé psychiatrique hospitalier.

Tout ce travail ne peut être complet s'il ne s'inscrit pas également dans une perspective de travail de réseau. Faire comprendre notre méthode de travail nécessite une participation active au réseau professionnel (hôpital, services sociaux, thérapeutes privés, ..). Ce travail actif mériterait d'être davantage soutenu (investissement en terme de temps et de subsidiation).
Quant au secret professionnel, la pratique du travail en réseau remet en valeur le maintien du secret professionnel comme élément clé qui distingue, protège, sépare privé - public, intime - social.


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