Re: Question b)
Date: le 31 mai 2006 à 10:07
Province de Namur Dinant, le 30 mai 2006
Centre de Guidance
Rue Daoust, 72
5500 DINANT
Tél : 082/21.48.20
Fax : 082/21.48.29
Service de Santé Mentale - Réseau - Politique de Santé
Une des spécificités structurelles et organisationnelle d'un service de santé mentale est de pouvoir organiser avec tous les partenaires d'un territoire donné un travail de réseau. Ce travail toléré avant la régionalisation a été souhaité par le pouvoir politique wallon dans son décret du 04 avril 1996 (articles 3 et 8 du dit décret). Ce travail ne vise ni plus ni moins, pour un service public comme le centre de santé mentale, de développer, avec tous les partenaires du réseau (social, culturel, psychologique, médical, scolaire, hospitalier, etc.. etc.) une politique de santé mentale préventive et curative mais permettent également un point de vue évaluatif et épidémiologique des évolutions sociétales (et ce afin d'affiner des objectifs revisités en fonction de ces évolutions sociétales).
Ce travail de fond ne se décline pas seulement -c'est important de le souligner avec force- à travers les cohérences des réseaux de soins (réseaux qui existent dès le moment où une telle pratique est construite) mais il a de multiples avantages. Le premier est la possibilité de toucher un vaste public, de multiples strates de populations ne consultant que peu ou pas : les personnes âgées, les personnes désinsérées et paupérisées, les adolescents, les très jeunes enfants (en avant de l'école maternelle), le circuit psychiatrique que nous ne touchons pas à travers la collaboration avec les hôpitaux psychiatriques mais à travers nombres de nos partenaires (infirmières, puéricultrices, aide familiale, cpas, aide séniors, SAJ, SPJ, médecins traitants etc. etc.). Des milliers de personnes sont concernées par ce type de démarche.
Le second avantage est de pouvoir maximaliser les ressources des personnes : ressources personnelles, ressources du réseau primaire (la famille, le quartier, les solidarités interpersonnelles, les groupes de self - aide, etc.) et les ressources secondaires (les intervenants privés et institutionnels). On est plus ici dans une logique de « ressources » que dans une logique de « manque ».
Le troisième avantage est de pouvoir développer, avec nos partenaires du réseau une politique de prévention qui tient la route et qui se veut cohérente et construite dans la durée : cette politique sera différente pour chaque entité suivant les problèmes rencontrés, les partenaires présents etc. la maxime « l'union fait la force » trouve ici sa place.
Le quatrième avantage de ce type de démarche est qu'elle permet de lutter contre les morcellements institutionnels et une certaine logique, en santé mentale, de médicaliser et de médicamenter les problèmes. La démarche amène en tous cas cohérence et agencement intéressants dans des collaborations tant en privatif qu'en curatif.
L'évolution de la société et des fonctions parentales (en particulier les dégradations de celles-ci) nécessitent ce type d'alliance et de partenariat afin de promouvoir une conscience plus collective et des solutions alternatives éventuelles au sein même d'une société qui ne se pose guère de questions sur ces dites évolutions : c'est une des gageures de notre travail.
Il est clair que cette position stratégique d'être dans et de participer au réseau démultiplie quasi à l'infini l'action et les angles d'attaques d'un service de santé mentale sur un territoire.
Il est cependant nécessaire de souligner que les mouvements sont tels qu'on ne pourra, à court terme, que de s'interroger de manière plus fondamentale et au niveau plus général (institutionnellement parlant) sur ces mouvements.
Les « premières lignes » tant dans la population adultes/personnes âgées (CPAS - A F - AS - Médecin traitant.) que pour les enfants/petite enfance (CPAS - AF - puéricultrices encadrées, infirmière ONE, etc.) sont confrontées de plus en plus à de nombreuses situations et de plus en plus extrêmement lourdes. Le travail de supervision, coordination, formation, intervision, etc, etc . apport et soutien et une meilleure adéquation dans les réponses et ce dans un réseau de plus en plus riche et inventif.
Il y a cependant - il faut le souligner - le travail de réseau et le travail de réseau : 1 travail de réseau peut avoir l'effet inverse de celui escompté : une moins bonne adéquation du travail et de cohérence des réponses au niveau du terrain.
Un gros problème de ce type de travail est sa visibilité par les politiques et les administrations. En l'occurrence, la 'fiche verte" utilisée pour les CSM ne donne pas de résultats suffisants pour se représenter le travail de réseau et sa richesse infinie.
Pour le centre de guidance dinant
Claude Dehaye