E-colloques

 Le Service de santé mentale et son environnement

Ce colloque n'est actuellement plus modéré. Il n'est donc plus possible de poster de nouveaux messages. Vous pouvez bien sûr consulter les messages existants. Pour mémoire, les deux questions liées à cet E.colloque étaient les suivantes :
a) Comment le service de santé mentale tient-il compte des particularités du territoire qu'il couvre ?
b) Quelles articulations le service de santé mentale développe-t-il avec les autres services de sa région ?
L'IWSM s'intéresse actuellement au contenu de cet E.colloque. Une information préparatoire aux Assises du 12 septembre sera éditée fin du mois d'août. Merci pour votre intérêt.
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Re: Question b)
Date: le 17 mai 2006 à 09:40

Bonjour,

Merci à vous d'avoir apporté votre témoignage à partir de votre expérience en service de santé mentale.
Je pense que votre message est bien passé et a suscité des réactions.

Le débat est loin d'être terminé et j'invite chacun, professionnels et bénéficiaires, à donner son avis et à réagir aux messages déjà postés, que les opinions convergent ou divergent.
Le but étant de disposer, au terme de ces e-colloques (qui se clôtureront le 30 juin), suffisamment d'informations pour comprendre les réalités, les atouts et difficultés des Services de santé mentale.
Les données ainsi récoltées permettront de faire des propositions pour améliorer l'offre de soins.

Merci donc à tous pour vos réflexions, suggestions, avis, ...

Re: Question b)
Date: le 17 mai 2006 à 06:57

D'après les informations qui ont entouré l'ouverture de ce colloque virtuel il s'agit aussi d'une récolte d'informations en vue de la refonte du Décret,donc d'une possibilité de discussions autour de ce qui nous semble difficile voire impossible à tenir dans le Décret actuel.Ne pourrait-on dans votre site ouvrir un point particulier à ce sujet?
Personnellement j'épinglerais déjà quelques notions qui pourraient-devraient être revues:
les centres sont actuellement saturés, peut-on continuer à leur demander de répondre"à toute demande"?
faut-il continuer à les présenter comme des lieux spécialisés en "conseil" ,en "orientation"? ne serait-il pas plus intéressant pour tout le monde de les présenter plus comme des services de soins, d'accompagnements, des lieux où peuvent se faire des thérapies ou des suivis à visée thérapeutique?

Ne sommes-nous pas en train d'étouffer sous toutes nos missions alors qu'on les élargit sans cesse (aide à la parentalité, aide aux victimes, accueil des personnes envoyées par saj,spj, cpas, prisons,défense sociale, pms, écoles, hôpitaux, services pédiatriques, ...)?
Merci

Relais SSM - réseau
Date: le 24 mai 2006 à 12:23

Pour rebondir sur le débat sur les relais au sein du réseau, notamment entre SSM, parfois débordés, et Centres de Planning familial (en réponse aux messages des professionnels de ces services du 12 et du 14 mai) :
Ne peut-on pas considérer que passer le relais est une des modalités, parmi d'autres, de fonctionnement en réseau ?
Travailler en réseau ne revient-il pas à considérer l'ensemble des ressources disponibles du tissu psycho-médico-social pour répondre au mieux aux besoins et aux demandes de la personne, au-delà des frontières de sa propre institution et de son propre service ?
Comment faire pour dépasser d'éventuelles logiques de «concurrence » ou de «rivalité» entre services, qui peuvent parfois donner l'impression au public de proposer des services similaires (consultations psychologiques, etc.), pour les envisager dans leur complémentarité ?
Pour que le réseau fonctionne, il semble important, comme le soulignait un professionnel de SSM, que l'identité, les missions et les spécificités de chaque service soient claires, à la fois pour les professionnels et pour les bénéficiaires.


Isabelle Deliége
Coordinatrice « réseau »
Institut Wallon pour la Santé Mentale

Re: Question b)
Date: le 31 mai 2006 à 10:07

Province de Namur Dinant, le 30 mai 2006
Centre de Guidance
Rue Daoust, 72
5500 DINANT
Tél : 082/21.48.20
Fax : 082/21.48.29


Service de Santé Mentale - Réseau - Politique de Santé

Une des spécificités structurelles et organisationnelle d'un service de santé mentale est de pouvoir organiser avec tous les partenaires d'un territoire donné un travail de réseau. Ce travail toléré avant la régionalisation a été souhaité par le pouvoir politique wallon dans son décret du 04 avril 1996 (articles 3 et 8 du dit décret). Ce travail ne vise ni plus ni moins, pour un service public comme le centre de santé mentale, de développer, avec tous les partenaires du réseau (social, culturel, psychologique, médical, scolaire, hospitalier, etc.. etc.) une politique de santé mentale préventive et curative mais permettent également un point de vue évaluatif et épidémiologique des évolutions sociétales (et ce afin d'affiner des objectifs revisités en fonction de ces évolutions sociétales).

Ce travail de fond ne se décline pas seulement -c'est important de le souligner avec force- à travers les cohérences des réseaux de soins (réseaux qui existent dès le moment où une telle pratique est construite) mais il a de multiples avantages. Le premier est la possibilité de toucher un vaste public, de multiples strates de populations ne consultant que peu ou pas : les personnes âgées, les personnes désinsérées et paupérisées, les adolescents, les très jeunes enfants (en avant de l'école maternelle), le circuit psychiatrique que nous ne touchons pas à travers la collaboration avec les hôpitaux psychiatriques mais à travers nombres de nos partenaires (infirmières, puéricultrices, aide familiale, cpas, aide séniors, SAJ, SPJ, médecins traitants etc. etc.). Des milliers de personnes sont concernées par ce type de démarche.

Le second avantage est de pouvoir maximaliser les ressources des personnes : ressources personnelles, ressources du réseau primaire (la famille, le quartier, les solidarités interpersonnelles, les groupes de self - aide, etc.) et les ressources secondaires (les intervenants privés et institutionnels). On est plus ici dans une logique de « ressources » que dans une logique de « manque ».

Le troisième avantage est de pouvoir développer, avec nos partenaires du réseau une politique de prévention qui tient la route et qui se veut cohérente et construite dans la durée : cette politique sera différente pour chaque entité suivant les problèmes rencontrés, les partenaires présents etc. la maxime « l'union fait la force » trouve ici sa place.

Le quatrième avantage de ce type de démarche est qu'elle permet de lutter contre les morcellements institutionnels et une certaine logique, en santé mentale, de médicaliser et de médicamenter les problèmes. La démarche amène en tous cas cohérence et agencement intéressants dans des collaborations tant en privatif qu'en curatif.

L'évolution de la société et des fonctions parentales (en particulier les dégradations de celles-ci) nécessitent ce type d'alliance et de partenariat afin de promouvoir une conscience plus collective et des solutions alternatives éventuelles au sein même d'une société qui ne se pose guère de questions sur ces dites évolutions : c'est une des gageures de notre travail.

Il est clair que cette position stratégique d'être dans et de participer au réseau démultiplie quasi à l'infini l'action et les angles d'attaques d'un service de santé mentale sur un territoire.

Il est cependant nécessaire de souligner que les mouvements sont tels qu'on ne pourra, à court terme, que de s'interroger de manière plus fondamentale et au niveau plus général (institutionnellement parlant) sur ces mouvements.

Les « premières lignes » tant dans la population adultes/personnes âgées (CPAS - A F - AS - Médecin traitant.) que pour les enfants/petite enfance (CPAS - AF - puéricultrices encadrées, infirmière ONE, etc.) sont confrontées de plus en plus à de nombreuses situations et de plus en plus extrêmement lourdes. Le travail de supervision, coordination, formation, intervision, etc, etc . apport et soutien et une meilleure adéquation dans les réponses et ce dans un réseau de plus en plus riche et inventif.

Il y a cependant - il faut le souligner - le travail de réseau et le travail de réseau : 1 travail de réseau peut avoir l'effet inverse de celui escompté : une moins bonne adéquation du travail et de cohérence des réponses au niveau du terrain.

Un gros problème de ce type de travail est sa visibilité par les politiques et les administrations. En l'occurrence, la 'fiche verte" utilisée pour les CSM ne donne pas de résultats suffisants pour se représenter le travail de réseau et sa richesse infinie.

Pour le centre de guidance dinant
Claude Dehaye

Re: Question b)
Date: le 31 mai 2006 à 03:59

Merci Monsieur Dehaye pour votre contribution qui plaide pour le travail de réseau entre différents partenaires et relève quelques limites.

Par rapport à la visibilité de ce travail auprès de l'administration, les services de santé mentales remplissent une "fiche verte" qui reprend les activités d'information, de recherche et prévention (prévues dans le décret du 4 avril 1996, article 5).

Pouvez-vous expliquez en quoi cette fiche n'est pas suffisante pour se représenter le travail en réseau?
Pourriez-vous proposer une autre façon de rendre compte de ce travail?

Enfin, pouvez-vous préciser si vous vous exprimez en tant que psychologue du centre de guidance de Dinant ou bien au nom de l'équipe de ce centre.

Merci d'avance.

Re: Question b)
Auteur: anonyme () ( )
Date: le 4 juin 2006 à 09:31

que de bavardages inutiles et de conflits de chapelles ! je plains les personnes qui ont à recourir à ces services

Re: Question b)
Date: le 13 juin 2006 à 03:33

en ce qui concerne notre SSM, nous avons, depuis sa création, développé des partenariats, des collaborations, des concertations, des prises en charge communes, ainsi que la mise sur pied d'activités de prévention avec :
CPAS, médecins généralistes et spécialistes, PMS, SAJ, SPJ, ONE, crèches,gardiennes, soins à domicile, écoles, hôpitaux généraux et psychiatriques, maternits AWIPH, services d'aide précoce, IHP, centres de jour, maisons d'accueil, IPPJ, homes et services résidentiels, prisons, plannings familiaux, AMO, maisons médicales, etc...

A ce travail en réseau qui se fait quotidiennement, il y a lieu de rajouter :
- une coordination via les PFC,
- les nombreux contacts via les patients et leur environnement direct (social ou institutionnel)
- l'inscription du travail dans la durée, en lien avec la notion de proximité.

Re: Question b)
Date: le 13 juin 2006 à 03:59

Merci pour votre message qui cite de nombreux "partenaires" de votre centre.
Pourriez-vous préciser comment votre travail s'articule avec l'un ou l'autre de ces partenaires?
Merci d'avance

Re: Question b)
Auteur: X-fragile ( )
Date: le 13 juin 2006 à 04:12

Que de discours, que d'inventaires !

Ne serait-il pas possible d'avoir un ordinogramme du cheminement de ces réseaux pour y voir plus clair ?

Ne pourrait-on pas citer les "cas" de certains patients qui ne devraient pas être pris en charge par les SSM ?

Ne pourrait-on pas ensuite citer les "cas" des patients qui doivent être impérativement pris en charge par les SSM ?

Ne pourrait-on pas citer les cas où un "surplus de Services" existe et les cas où il manque de Services pour établir un réseau ?

Je crois que tout le monde est conscient et que la Ministre ne veut pas supprimer les SSM mais qu'une meilleure disribution géographique en nombre et en qualité se révèle nécessaire!

Il y a des zones en Wallonie où il y a un excédent de Services au Km² par rapport à d'autres zones semi désertiques alors que le "public" potentiel est aussi présent et requiert une intervention !

Je pense qu'il est temps de recadrer le problème me semble-t-il ?

Jean-Marc COMPERE

Re: Question b)
Date: le 15 juin 2006 à 12:10

Il est courageux de reconnaître, à la suite d'un des participants, que, dans certains cas, « un travail de réseau peut avoir l'effet inverse de celui escompté: une moins bonne adéquation du travail et de cohérence des réponses au niveau du terrain ».

Loin de remettre pour autant en cause l'intérêt de la démarche de manière générale pour l'ensemble des bénéficiaires, oser examiner ces difficultés et ces éventuels dysfonctionnements, les mettre à plat et les analyser ensemble peut permettre de dépasser ces difficultés en donnant des balises à l'intervention en réseau.

Pour ce faire, il peut être intéressant de repartir du cheminement de l'usager concerné pour analyser ce qui s'est passé, comme le suggère un proche d'usager et comme cela a été fait dans certaines recherches (cfr. Luc Blondieau, Un adolescent, sa famille, des intervenants. un vrai défi », juin 2005).

Quelles sont les embûches, les obstacles et difficultés rencontrées dans le travail en réseau en SSM ou avec les SSM ? Réfléchissons-y ensemble, pour envisager les choses dans une optique constructive.


Isabelle Deliége
Coordinatrice « réseau »
Institut Wallon pour la Santé Mentale

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