E-colloques

 Le Service de santé mentale et son environnement

Ce colloque n'est actuellement plus modéré. Il n'est donc plus possible de poster de nouveaux messages. Vous pouvez bien sûr consulter les messages existants. Pour mémoire, les deux questions liées à cet E.colloque étaient les suivantes :
a) Comment le service de santé mentale tient-il compte des particularités du territoire qu'il couvre ?
b) Quelles articulations le service de santé mentale développe-t-il avec les autres services de sa région ?
L'IWSM s'intéresse actuellement au contenu de cet E.colloque. Une information préparatoire aux Assises du 12 septembre sera éditée fin du mois d'août. Merci pour votre intérêt.
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Re: Question a)
Auteur: Equipe du centre de guidance de Binche () ( )
Date: le 29 juin 2006 à 03:34

La création d'antennes dans les endroits moins accessibles ou moins favorisés devrait être encouragée.

Re: Question a)
Date: le 29 juin 2006 à 03:55

L'originalité et les points forts du travail en service de santé mentale résident dans sa dimension d'équipe et qui plus est d'équipe pluridisciplinaire. La possibilité d'utiliser l'équipe pluridisciplinaire comme ressource thérapeutique apporte beaucoup en terme de qualité et de créativité dans le travail clinique. Notamment au travers de l'intervision clinique hebdomadaire propice au. partage d'information et de connaissances découlant de la pratique et de la formation continuée de chaque membre de l'équipe. Cette façon de travailler est aussi vécue comme un stimulant à la formation de chacun.
Le fait de travailler en équipe pluridisciplinaire favorise en outre l'intégration du service dans le réseau.

D'autres points forts :
- le fait que le service de santé mentale puisse être accessible de façon privilégiée aux personnes connaissant des difficultés financières
- que la fonction d'accueil soit privilégiée
- que les services puissent proposer une offre de travail diversifiée tant au niveau des options thérapeutiques qu'au niveau des tranches d'âge de population
- en ce qui concerne, les suivis sous contraintes (médiation pénale, SPJ, .° le travail en équipe dans un service de santé mentale, via le lieu, le travail en co-thérapie, peut permettre de mieux contenir le patient qu'au travers d'une prise en charge en privé.
Des points faibles :
- quand il y a des conflits d'équipe - de personnes et/ou d'idéologies- cela entraîne des tensions internes avec répercussions négatives éventuelles dans les prises en charge thérapeutiques
- délais de prise en charge parfois importants quand le personnel est trop peu nombreux ou manquant pour faire face aux demandes
- peu de mobilité extra-muros pour assurer un relais entre « hospitalier » et « ambulatoire » ou pour les réunions extérieures (manque de temps et difficultés renforcées quand distances importantes)



Re: Question a)
Auteur: SSM de Jodoigne (Bénéficiaire d'un SSM) ( )
Date: le 29 juin 2006 à 04:10

Mon commentaire porte sur la question 2a
- lors de la fixation des rendez-vous, tenir compte, le cas échéant, des horaires des bus
- lors des réorientations, tenir compte du lieu du domicile du patient
- en faisant l'analyse de la clinique propre à une région et de son évolution,
- essayer d'obtenir un feed-back des suivis (par le réseau ou une enquête sociale),
- faire procéder à une étude sociologique de la population


Re: Question a)
Date: le 29 juin 2006 à 04:39

Le ssm et son environnement:

a) -la possibilité de proposer du travail à domicile
-Les projets imaginés par l'équipe tiennent compte des initiatives pré-existantes, des resources régionales et du type de population.

-Travailler ,comme nous, dans une région précarisée c'est pouvoir être à l'écoute de cette dimension pour pouvoir travailler également la dimension psychique. Se monter à l'écoute de l'intrication de ces deux dimensions.



Re: Question a)
Date: le 29 juin 2006 à 04:40

Les principaux services de santé mentale en Région wallonne sont les hôpitaux psychiatriques. Je ne joue pas sur les mots. L'appellation est même devenue officielle sur le site de l'INAMI (http://inami.fgov.be/care/fr/mental-health/index.htm). Ces hôpitaux psychiatriques détiennent la majeure partie des ressources financières et en personnel. Ils occupent une position dominante tant sur le plan symbolique qu'au niveau des pratiques.

Les hôpitaux psychiatriques ne sont pas ancrés dans une référence au territoire. Nous pourrions plutôt dire qu'ils déterritorialisent les personnes, leurs liens sociaux et affectifs. Certains estimeront cette distanciation utile. Elle permet souvent un apaisement des personnes en souffrance et de leurs entourages. Mais cette déterritorialisation fait toujours courir le risque de détacher ces personnes de leur situation singulière, de leurs ancrages familiers, de leur habitat, de leurs relations affectives et du champ des activités collectives, culturelles, éducatives ou économiques.

Une politique de santé mentale devrait nous inviter à assumer le risque inverse : celui du trouble et de la tristesse qui s'introduit en chacun d'entre nous quand la souffrance nous heurte à la difficulté voire à l'impossibilité de vivre ensemble ; celui de l'émerveillement et de la joie quand les personnes confrontées à la souffrance se risquent dans un dialogue et une controverse constructive sur leurs modalités de vie collective.

Voici donc 7 propositions troublantes susceptibles d'introduire des controverses profitables à tous les habitants d'un territoire :

1. La proximité avec les habitants d'un territoire est un vecteur essentiel de l'aide et des soins dans le milieu de vie. Un territoire humain doit permettre les déplacements des intervenants sur les lieux de vie et un accès aisé des usagers vers les services de santé mentale. Des territoires de 50 000 constituent une limite, sans doute déjà trop large en milieu rural.

2. L'accueil est une base primordiale de la rencontre avec les personnes en souffrance. Accueillir est un support pour prendre soin d'autrui. Il doit pouvoir être informel ou aléatoire car nous ne savons pas toujours formuler ce qui nous arrive dans la souffrance et ce que nous pouvons attendre d'une rencontre de soin. Le « rendez-vous » de telles rencontres doit tenir compte de l'imprévisibilité possible de la détresse. Chaque service de santé mentale d'un territoire doit pouvoir accueillir ces personnes en continu, tous les jours, 24 h sur 24.

3. Le territoire est une surface de la vie quotidienne. Nous y circulons, nous entrons dans des lieux différenciés pour y déployer des activités collectives ou solitaires, pour prendre soin de sa demeure et de sa famille, pour se perdre ou rêver. Accompagner dans cette vie quotidienne met le soignant dans un rôle de compagnon. Avoir des compagnons est un fondement du vivre-ensemble. Les services de santé mentale doivent encourager ce type de lien, chercher dans les entourages naturels ou professionnels ceux qui pourraient jouer ce rôle. Parfois, ils doivent temporairement suppléer à cette absence. Inscrire la fonction d'accompagnement dans les pratiques des services de santé mentale permet de nous interroger sur les liens de solidarité, de complicité ou d'amitié qui se tissent sur un territoire.

4. Le territoire permet de donner un cadre pour une position humaniste : le souci de la dignité de chacun dans la communauté. En terme politique, nous pourrions dire les droits de chacun. Les services de santé mentale devraient s'adresser à une population dans son ensemble sur un territoire délimité. La responsabilité territoriale ne s'applique pas seulement aux problèmes définis sur la base d'une symptomatologie, mais plus ouvertement à l'existence-souffrance des personnes dans la communauté. Cela implique d'assumer toute la « demande psychiatrique » du territoire sans sélection quant à la gravité des situations et de développer une tension qui déjoue le renvoi aux structures d'hospitalisation. La responsabilité territoriale exige une vigilance constante pour ne pas abandonner les personnes dont les souffrances sont les plus difficiles à aborder et d'analyser les fondements institutionnels des échecs thérapeutiques dans le milieu de vie. Nous devrions partir à la recherche d'une définition et d'une inscription plus explicite de ce devoir des services de santé mentale.

5. La crise a souvent un rôle central qui peut être mis à profit pour permettre des changements dans les situations. Pour assurer le maintien dans le milieu de vie et éviter les hospitalisations, il faut prévoir une organisation et des moyens qui puissent répondre aux détresses dans un délai en rapport à l'urgence de la situation (éviter les listes d'attente, les filtres bureaucratiques, .) et qui rendent possible la mise en place d'un suivi intensif. En plus de l'accueil, les services de santé mentale pourraient exercer une fonction d'hospitalité. Cette hospitalité serait disponible 24h/24h en proposant un hébergement transitoire. Cette option permettrait à l'usager et son entourage de rester en contact avec la même équipe de soins même dans les situations de crise les plus difficiles. Chacun reste en lien direct avec son environnement familier, préserve son rôle, ses compétences et les risques d'introduire un nouveau statut de malade ou une stigmatisation peuvent être réduits au minimum.

6. Les personnes en souffrance et l'ensemble de la communauté ont besoin d'ateliers d'innovations sociales. En complément des services de santé mentale de « base », il est essentiel de créer des structures accessibles qui permettent de relier les personnes en souffrance dans des enjeux collectifs en matière de travail, de culture, de formation, d'éducation à la citoyenneté. Ces dispositifs constituent des espaces de reconnaissance et de luttes pour les droits quand ceux-ci ne sont pas respectés dans les structures collectives actuelles de la société.

7. Le territoire peut être l'occasion d'une proposition de paix et de cohérence soignante. Nous devrions disposer d'un cadre législatif qui permette de rassembler au sein d'un même pouvoir organisateur l'ensemble des services actuels de santé mentale qui souhaitent développer un service public intégré : les hôpitaux psychiatriques, les maisons de soins psychiatriques, les initiatives d'habitations protégées, les centres de rééducation fonctionnelles, les services de santé mentale, etc. Ce cadre légal aurait comme finalité la mise en place des stratégies et des structures qui répondent aux besoins en santé mentale de la population du territoire. Il permettrait notamment la reconversion des moyens financiers et du personnel des hôpitaux psychiatriques vers une diversité de services dans le milieu de vie.

Olivier Croufer, directeur du Siajef, Service intégré d'aide et de soins psychiatriques dans le milieu de vie, sur une partie du territoire du la ville de Liège.


Re: Question a)
Auteur: Centre de guidance de Tubize () ( )
Date: le 29 juin 2006 à 05:12

- Accorder la priorité nécessaire à la rencontre les intervenants des réseaux médicaux, sociaux et associatifs

- Développer des contacts interpersonnels avec les intervenants

- Identifier, avec un regard sociologique, les particularités régionales de notre clinique (en recoupant entre elles les situations)

- Aller à la recherche d'informations "feed-back" par rapport aux situations abordées, en interrogeant tant les patients (ex par enquête) que les intervenants concernés

- Meilleure utilisation des données épidémiologiques

Re: Question a)
Date: le 30 juin 2006 à 02:49

- augmentation du personnel pour répondre à une demande croissante de prise en charge thérapeutique
- soutien et encouragement pour les formations afin d'augmenter la qualité et la diversification de l'offre thérapeutique
- valorisation salariale
- soutien pour les frais de fonctionnement et spécifiquement pour la mobilité du personnel
- délocalisation partielle des équipes pour mieux couvrir les besoins dans des régions moins bien desservies en la matière
- lorsque les personnes sont envoyées par d'autres professionnels, travailler la demande avec ces tiers envoyeurs

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