E-colloques

 Le Service de santé mentale et son environnement

Ce colloque n'est actuellement plus modéré. Il n'est donc plus possible de poster de nouveaux messages. Vous pouvez bien sûr consulter les messages existants. Pour mémoire, les deux questions liées à cet E.colloque étaient les suivantes :
a) Comment le service de santé mentale tient-il compte des particularités du territoire qu'il couvre ?
b) Quelles articulations le service de santé mentale développe-t-il avec les autres services de sa région ?
L'IWSM s'intéresse actuellement au contenu de cet E.colloque. Une information préparatoire aux Assises du 12 septembre sera éditée fin du mois d'août. Merci pour votre intérêt.
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Question a)
Date: le 28 avril 2006 à 11:06

Faites-nous part de vos réflexions sur la question a) en répondant ci-dessous!



Edité 1 fois. Dernière modification le 28/04/06 11:09.

Re: Question a)
Date: le 12 juin 2006 à 12:04

Le SSM connaît bien les ressources de la région où il s'est implanté, il est mieux à même d'intégrer la pluridisciplinarité souvent nécessaire de problématiques complexes (contacts avec CPAS, services de jour, services hospitaliers, crèches, médiateur, SAJ et SPJ, etc...).

par ailleurs, il est important qu'il puisse se dégager, si nécessaire, des courants locaux différents au niveau idéologie et politique et/ou philosophie

Re: Question a)
Auteur: SSM du CPAS de Flémalle (Autre fonction en SSM) ( )
Date: le 16 juin 2006 à 11:58

Introduction

Les missions générales et le dispositif réglementaire des Services de Santé Mentale permettent que les Services possèdent un dénominateur commun. Cependant, il nous apparaît riche d'observer que chaque SSM possède ses spécificités, ses particularités propres qui déterminent son fonctionnement et les services proposés à la population. Ceux-ci sont fonction de nombreux paramètres liés au cadre parmi lesquels, et de façon non exhaustive, nous citerons : l'histoire du Service, les raisons qui ont justifié sa création, ses liens avec le pouvoir organisateur, la stabilité de son équipe, ses initiatives et ses modèles thérapeutiques. D'autres paramètres, relatifs à l'environnement extérieur, influent sur les pratiques qui se mettent en place, à travers une dynamique complexe d'offres et de demandes, en lien direct avec le Réseau territorial.

Pour ce qui nous concerne, cette ouverture vers l'extérieur, à travers notre partenariat actif dans l'Interservice Social Flémallois, nous a permis de réaliser des interventions thérapeutiques concertées, tout en gardant nos identités professionnelles. Ces interventions, qui se font et se défont au fil du temps en fonction des demandes et des offres, entretiennent une dynamique d'équipe positive.

D'un point de vue général, la grande diversité des SSM peut déconcerter voire désarçonner ceux qui souhaiteraient harmoniser le fonctionnement des structures dévolues au traitement de la souffrance sociale et psychiatrique dont on sait qu'elle prend des formes multiples et variables en fonction des époques et des contextes socio-économiques. Cette variabilité, cette diversité dans les manifestations de problématiques de santé mentale, nécessitent de la part du service de santé mentale, une capacité d'innovation et une ouverture sur l'extérieur qui aidera à la prise de risques dans des processus thérapeutiques complexes. C'est ainsi que peuvent se mettre en place des réponses originales et intégrées à un contexte social particulier.

Avant de présenter les spécificités de notre travail, nous souhaitons dire que la démarche initiée par Madame la Ministre Vienne nous apparaît intéressante à plus d'un titre. Non seulement, elle permet de faire circuler des informations entre les professionnels de la santé mentale et d'autres partenaires professionnels, mais elle donne également la parole aux bénéficiaires et aux pouvoirs organisateurs, ce qui à notre avis est trop rarement fait.
Par ailleurs cet e-colloque a été l'occasion d'échanges intéressants au sein de l'équipe thérapeutique nous obligeant à cet effort d'écriture (trop rarement réalisé) pour rendre compte de ce que nous faisons, de ce qui nous animent, de nos convictions méthodologiques.
Axes de réflexion

Nous reprendrons ci-après quelques éléments qui expliquent, de façon certes incomplète, ce qui fonde la singularité de nos pratiques au Service de Santé Mentale de Flémalle. Pour ce faire nous relèverons quelques idées fortes autour desquelles notre positionnement dans le dispositif des soins s'est organisé et continue au fil du temps de s'ajuster.

Le SSM auquel nous appartenons est, comme nous l'avons laissé entendre, ouvert sur l'environnement. Des doubles mouvements se réalisent avec l'environnement extérieur à la fois via la consultation des patients et via les rencontres que les intervenants (toute discipline confondue) ont avec l'extérieur. Depuis très longtemps, nous participons à des réunions chez les mandants, dans les IMP, chez d'autres intervenants, dans les institutions scolaires, etc. Réunions convoquées par nos pairs avec l'accord de la famille.
Cette ouverture de notre système thérapeutique se réalise également via des formations individuelles et des participations à des conférences et séminaires que notre pouvoir organisateur (CPAS) prend en charge financièrement.
En y regardant de plus près, cette ouverture n'est pas totale. Elle se module au fil du temps, en fonction des circonstances, des attentes du réseau et de nos initiatives personnelles. La structure, les frontières, l'identité du SSM demeurent ainsi que les spécificités de chaque thérapeute. Les pratiques de consultations de psychothérapie individuelle, de couple, de famille, les consultations psychiatriques, les rééducations logopédiques se réalisent dans nos murs, suivant des horaires et des rituels de consultations propres à nos métiers.
Il existe donc un constant équilibre entre les pratiques internes et les pratiques externes, ces dernières s'inscrivant dans une pratique de réseau originale.
En effet, l'inscription territoriale de notre SSM en fait un partenaire du réseau reconnu depuis plus de 20 ans sur la commune. L'Interservice Social Flémallois créé en 1986 a donné, par la suite, naissance à des commissions de travail qui fonctionnent sous la houlette de la coordinatrice sociale du CPAS de Flémalle. L'ensemble de ces réunions font l'objet de P.V transmis expressément au collège des Bourgmestre et Échevins. La participation à ces collectifs de travail, dont certains rassemblent près de 30 services différents, a créé un climat de collaboration dans le respect des compétences de chacun qui favorise les prises en charge et l'organisation des responsabilités dans des situations complexes.

Le respect des compétences des différents professionnels est une valeur centrale dans les différents échanges de concertation multidisciplinaire.
Dans le cadre de la commission crise, notamment, les éducateurs, assistants sociaux, médecins traitants, policiers de quartier, psychiatres, logopèdes, puéricultrices, psychologues.... participent, dans la sphère de leur compétence respective aux soins à apporter dans une situation interpellante. Tous les avis sont pris en compte dans un souci de respect des différences et des compétences. Ces échanges auxquels les membres du SSM participent se mettent en place suite à un dispositif assez sophistiqué dont le principe essentiel est d'informer, voire de faire participer tout ou partie de la famille qui inquiète et des intervenants impliqués. La notion de respect est donc présente ici aussi dans la mesure où les familles sont d'emblée considérées comme des interlocuteurs de choix dans la mise en place des dispositifs que tentent d'organiser les professionnels.

La notion de compétence oriente notre mode de fonctionnement dans les prises en charge réalisées dans nos murs. La formation systémique de l'ensemble de l'équipe nous a aidés à prendre d'emblée en compte les personnes qui gravitent autour du symptôme. Cette ouverture au système familial, considéré comme le plus significatif, débouche le plus souvent, mais pas toujours sur l'invitation des membres de la famille à une première analyse de la demande. Cet élargissement vise non seulement à éviter la stigmatisation du patient symptôme, mais aussi à faire explicitement appel aux ressources thérapeutiques naturelles du système. Ce faisant, un contexte d'intervention se met en place au sein duquel une aide spécifique individuelle (logopédie, psychothérapie) prend son sens.
Cette ouverture au contexte des ressources du système peut s'élargir au contexte des ressources d'autres professionnels impliqués dans la situation bien en amont de l'intervention de notre Service.

Le travail en amont est toujours pris en considération dès le début de notre intervention. Celle-ci n'est jamais qu'une étape d'un parcours dans lequel d'autres intervenants sont souvent engagés depuis longtemps. Un des effets positifs du travail en réseau est la très bonne connaissance mutuelle des différents professionnels du territoire ainsi que du fonctionnement des services et par conséquent des conditions dans lesquelles chacun est à l'aise pour travailler. La recherche de confort, qui peut paraître antinomique avec le travail d'aide, est fréquemment évoquée et ce non seulement pour les intervenants mais aussi pour nos collègues et bien sûr pour la famille.
Dès lors, certaines des demandes qui nous sont adressées sont fréquemment le résultat d'un travail d'élaboration réalisé en amont par l'envoyeur et la famille grâce auquel notre intervention thérapeutique peut prendre une place significative.
Plus généralement, notre offre en matière de prise en charge est bien connue, ce qui facilite les demandes.

L'offre du Service de Santé Mentale en matière de prise en charge thérapeutique intra muros peut se modifier en fonction des demandes qui nous sont faites ou de notre propre initiative. Par ailleurs nous sommes parfois amenés à travers l'Interservice à intervenir dans des situations inhabituelles et ce n'est pas le moindre des vecteurs d'innovation pour mettre en place des projets nouveaux. Ces expériences menées à partir de la commission crise avec nos partenaires se réalisent, vu la dimension communautaire de l'intervention, à la demande et avec l'aval des mandataires politiques communaux. On ne peut donc pas parler simplement d'une l'offre mais plutôt d'une dynamique d'offres et de demandes engendrant des projets nouveaux.

Notre participation à des projets constitue des occasions de formaliser les dispositifs mis en place, de prendre nos responsabilités dans des actions, de provoquer des débats contradictoires, de s'ouvrir aux regards critiques.

Réflexions générales

S'il s'agissait de spécialiser les services de santé mentale en service de pointe, capables de prendre en charge des problématiques psychiatriques spécifiques, nous souhaiterions, être reconnus comme possédant une expérience de pratiques de réseau sur laquelle nous pourrions prendre appui pour aider, dans une optique systémique, des patients présentant des troubles de l'adaptation psycho-sociale. Notre hypothèse de travail est de considérer que le travail en amont réalisé par nos partenaires du réseau rend plus rapidement décelables des signes de décrochage, de perte de liens, de sens, chez des individus fragilisés par une souffrance. Une mobilisation rapide des soins rendrait possible l'organisation des ressources et des solidarités dans un système d'intervention élargi auquel le SSM gardant ses compétences de consultation intra muros pourrait participer.
Nous sommes par contre enclins à penser que la création d'équipes spécialisées au sein des SSM réduirait les possibilités thérapeutiques que le réseau est en mesure de mettre en place en amont évitant ainsi au sujet d'endosser une pathologie bien particulière.
Quel que soit le degré de participation des SSM aux réseaux organisés par d'autres professionnels de l'aide, du contrôle (les SAJ et SPJ notamment pour ce qui concerne les mineurs, les maisons de justice pour ce qui concerne les majeurs) et du soin, il y a lieu de considérer que l'organisation des soins constitue un acte proprement thérapeutique en soi et ce même s'il sort du cadre des consultations classiques.

Pour l'équipe du Service de Santé Mentale du CPAS de Flémalle


Le SSM dans son environnement.
Date: le 22 juin 2006 à 02:54

Particularité géographique et institutionnel suite à la constatation de la difficulté pour beaucoup de se déplacer jusqu'à notre centre (rareté et coût élevé des transports en commun pour une population défavorisée sur le plan psychique et financier), nous avons ouvert une structure similaire du Club de Jour d'Arlon, à Virton. Cet arrondissement ne possédait aucune structure de santé mentale (point faible relevé dans le cadastre).

Le Service Trait d'Union a aussi été developpé suite aux constatations citées plus haut. Leur travail se situe au domicile des personnes et un accompagnement sous diverses formes à lieu.

Etant donné les particularités géographiques et institutionnelles de notre province, nous recevons des personnes venant de toutes les régions de la Province de Luxembourg. Nous sommes quelques fois amenés à prendre en charge des personnes dont la problématique ne correspond pas tout à fait au profil du Club de Jour car nous sommes confrontés à des lacunes institutionnelles spécifiques: jeunes adultes, personnes souffrant d'alcoolisme, personnes âgées, etc)

Re: Question a)
Auteur: SSM Nandrin () ( )
Date: le 27 juin 2006 à 02:22

2 sièges (Comblain et Nandrin) pour favoriser l'accessibilité (problème de mobilité en zone rurale)

Re: Question a)
Auteur: SSM Waremme-Hannut () ( )
Date: le 27 juin 2006 à 02:38

Travail en réseau, en coordination et décloisonnement des institutions depuis 1979 !

Re: Question a)
Auteur: SSM Herstal enfants () ( )
Date: le 27 juin 2006 à 03:25

- Demande en provenance de la commune d'implantation
- 3/4 des consultants ont moins de 18 ans (centre enfants)
- Utilisation du réseau du P.O. (AIGS)
- Utilisation des partenaires extérieurs
- Prise en charge des problématiques spécifiques à l'enfance (violence, maltraitance, décrochage scolaire, phobie scolaire, enfant roi, familles recomposées, reconstituées, troubles des comportements, des conduites)

Re: Question a)
Date: le 28 juin 2006 à 03:32

Comment tient-il compte du territoire couvert?
- souplesse de réponse par rapport à la formulation de la demande d'une population souvent très défavorisée.
- tolérance importante par rapport au manque de compliance du patient en traitement.
- faible coût du suivi des enfants.
- trois antennes au sein de la commune permettant une plus grande proximité des habitants.
- participation au travail de l'observatoire "optim@" afin d'avoir une meilleure connaissance du public du service.

Re: Question a)
Date: le 28 juin 2006 à 03:38

Comment tient-il compte du territoire couvert?
- souplesse de réponse par rapport à la formulation de la demande d'une population souvent très défavorisée.
- tolérance importante par rapport au manque de compliance du patient en traitement.
- faible coût du suivi des enfants.
- trois antennes au sein de la commune permettant une plus grande proximité des habitants.
- participation au travail de l'observatoire "optim@" afin d'avoir une meilleure connaissance du public du service.

Re: Question a)
Auteur: Equipe du SSM de Louvain-la-Neuve () ( )
Date: le 29 juin 2006 à 02:15

Voici différentes réactions qui reflètent les avis tels qu'ils ont été formulés par les membres de notre équipe :

Il doit en tenir compte par exemple dans le recrutement des thérapeutes. Il faut que les thérapeutes soient intéressés ou réceptifs aux populations fréquentant le centre : p.ex. en milieu étudiant ou en milieu très défavorisé ou à forte population étrangère (plus d'AS, si possible thérapeutes étrangers et/ou ouverts et formés à ces problèmes spécifiques).

Priorité aux demandeurs de la région

Spécificités de LLN :

nombreuses écoles (un des publics-cible = les étudiants et plus largement les jeunes, d'où partenariats avec les institutions scolaires)
desservie par bus et trains
villages aux alentours
SSM abrité par une université (d'où partenariat théorico-cliniques avec la Faculté de psychologie)

Via des contacts réguliers avec la plateforme de concertation en santé mentale

Concertation informelle de travailleurs psys et sociaux autour des situations « limites » (In-Out-In)

Quasiment pas : il faut laisser l'eau s'écouler naturellement, c'est-à-dire à partir de contacts privilégiés de personnes, de services de réseau .

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