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Enfance
Date: le 28 avril 2006 à 09:47

Faites-nous part de vos réflexions sur l'enfance en répondant ci-dessous!



Edité 1 fois. Dernière modification le 28/04/06 10:19.

Petite enfance
Date: le 9 juin 2006 à 10:38


Pourquoi donner une nouvelle fois un avis sur la santé mentale quand l'expérience montre que les rapports d'activités annuels ne sont pas lus (sinon on ne demanderait plus une ènième fois notre avis !) Quand ils sont lus, ils le sont mal ou interprétés en fonction du lecteur et des décideurs et de leurs rapports de force (financiers et idéologiques)
Par ailleurs, ne pas donner son avis est considéré comme se désengager de sa « participation » de travailleur en santé mentale et devoir entendre « tant pis pis pour vous, ne venez pas vous plaindre après » quand une loi, un décret est décidé....pour être appliqué de façon peu cohérente, à mille lieues de la réalité du terrain et du quotidien.

Il n'est pas difficile de constater qu'il n'existe pas de politique de santé mentale à l'égard de la petite enfance en Wallonie. Il n'est pas ici question des enfants qui vont bien et qui sont suffisamment organisés par leurs familles et/ou leur milieu proche mais bien des enfants qui subissent très tôt des fonctions parentales incertaines et pour qui les relais institutionnels ne leur offrent que peu de cohérence.
Ces enfants se retrouvent en crèche, en pédiatrie, en pouponnière, à l'école maternelle avant de rentrer (ou étant déjà rentrés) dans les circuits de l'Aide à la jeunesse et de la santé mentale dans des états déjà pitoyables.

Comment se fait-il que le constat de l'écart entre les enfants qui entrent à l'école maternelle est de plus en plus grand entre les enfants qui vont bien et les enfants qui vont mal et que ce constat est un non-dit ?
Comment se fait-il que l'état des enfants qui ne vont pas bien, est de plus en plus désorganisé et que ce constat est soit tu soit banalisé ?
Que des enfants de plus en plus jeunes « doivent bénéficier » de Rilatine (r), de Risperdal(r) ?

Comment comprendre que des pouponnières, des classes d'enseignement spécial sont des pré-annexes d'hôpital psychiatrique ?
Sans parler des enfants qui, en s'adaptant aux structures institutionnelles, font semblant d'aller bien au détriment de leur image corporelle, leur intelligence (pseudodébilisation) ou de leur imaginaire ! (Afin de devenir des petits consommateurs manipulables par la publicité, la télévision, les lobby hospitaliers-pharmaceutiques et autres injonctions institutionnelles politico-commerciales).

La fonction parentale ne relève pas que de la responsabilité parentale mais aussi des adultes qui accompagnent la petite enfance :gardienne, puéricultrice, aide familiale, éducatrice, institutrice maternelle, etc. Cela prend du temps, de l'organisation et de la disponibilité émotionnelle.

Quelles représentations mentales ont les décideurs, les responsables de l'administration (Région Wallone, Communauté Française) à propos des besoins émotionnels des enfants, des parents et des professionnels confrontés à la petite enfance en difficulté à part celles de l'indifférence, l'ignorance, la méconnaissance et beaucoup de mépris pour un secteur non rentable dans l'immédiaté, non rentable pour un électorat et donc sans rapports de force. Et à nouveau, je ne parle pas des enfants qui vont bien, qui habitent dans des communes culturellement et financièrement valorisées, qui bénéficient d'institutions propres bien tenues dans lesquelles les professionnels sont impliqués, engagés.
Ces enfants là arrivent à l'école sans lange, n'ont pas été mis sous Gaviscon(r), Motilium(r) et Xantac(r) pour régurgitations répétées, ni eu des hospitaliastions fréquentes pour des pathologies digestives et respiratoires récidivantes, ni laxatifs pour constipation régulière, ni troubles de leur activité tonico-émotionnelle nécessitant risperdal(r),ni de troubles de leur attention ou de l'humeur nécessitant Rilatine(r) ou antidépresseurs, encore moins d'une obésité liée à des incohérences alimentaires !Ils n'auront pas de difficulté à élaborer un schéma corporel, une image de soi et développeront leur intelligence et leur imaginaire !

Mais avant de balayer devant la porte de ses voisins balayons devant notre propre porte.
Le monde des travailleurs de la santé mentale a aussi ses idéologies, ses croyances.
Les « retard psychomoteurs », l'idéologie du lien (croire qu'un enfant est toujours mieux élevés dans sa famille même si l'on constate de l'hospitalisme à domicile !), les représentations de la psychomotricité dans le secteur psychologique en sont les plus illustratives et cachent surtout l'absence et/ou la difficulté d'écouter d'autres horizons pour apprendre à intégrer les différentes facettes de la dynamique du développement de l'enfant: corporelles, éducatives, sociales, culturelles, pédagogiques, médicales, psychologiques, psychiatriques.
Parler d'une fonction parentale développe de la surdité sélective et évaluer une fonction parentale relève d'un tabou...
Il est nécessaire d'avoirs des référents théoriques (diagnostic, méthodologie, arguments) mais si une théorie ne sait pas reconnaître ses limites et intégrer les apports des autres, quelle dérision ! Il suffit d'avoir été les témoins des « combats idéologiques » entre psychanalyse, systémique, comportementaliste, etc.

Les enfants sont des unités somato-psychiques, psychosomatiques, tant avec des rytmes biologiques qu'avec des émotions, qui doivent être contenus, rassurés et valorisés par les parents d'abord et les adultes.

Travailler en réseau n'est que le pré-requis d'un travail en santé mentale mais quelle énergie pour le faire soit reconnaître, l'organiser, le maintenir !
Et ce n'est pas parce qu'une coordination a été mise en place que les personnes se concertent !. La confusion existe également entre rendre compte de ce qui est fait (représentation et évaluation) avec rendre des compte à... !
Les coordinations sans décision et sans évaluation restent à nouveau une illustration de l'écart entre ce qu'on dit et ce qu'on fait. Les circuits de soins qui veulent s'imposer de l'extérieur et « d'en haut » pour des raisons mystificatrices de lisibilité et d'efficacité financières sont à nouveau un bel exemple d'application d'un modèle idéologique (ne tenant pas compte des réalités d'un « disctrict socio-sanitaire »

En conclusion, ce n'est pas parce que les personnes ne donnent pas leurs avis (censure et autocensure) qu'ils n'ont pas d'avis.
Le donner et de ne pas être entendu ne m'empêche ni de travailler (faire avec ce qui existe et ce qui n'existe pas) ni de constater au quotidien l'absence de politique de santé mentale à propos de la petite enfance.. A chacun son boulot et mesurez en quoi chacun fait le sien.
Mais comme pour certains faire et défaire, c'est toujours travailler, ne soyons pas étonnés du non changement.

Dr Boutsen Hubert
Pédopsychiatre
Responsable thérapeutique d'un Service de Santé Mentale depuis 1992.

Re: Enfance
Date: le 13 juin 2006 à 03:42

En matière psychique, la véritable prévention concerne l'attention portée sur l'enfance et les difficultés parentales



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