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Handicap
Date: le 28 avril 2006 à 09:49

Faites-nous part de vos réflexions sur l'handicap en répondant ci-dessous!



Edité 1 fois. Dernière modification le 28/04/06 10:17.

Re: Handicap
Date: le 2 mai 2006 à 02:51

Nous sommes amenés à rencontrer les personnes, enfants ou adultes, qui veulent bénéficier d'une prise en charge
dans une structure Awiph (SAJJ, SAI, SRJ, SRA, SAJA).
Définir le handicap dont souffre la personne et chercher la meilleure orientation possible est un travail conséquent et très précieux.
Nous travaillons là en trio : assistante sociale, psychologue et psychiatre.
Nous tenons à soutenir une place de tiers et de fil rouge entre la personne, l'Awiph, l'institution qui l'accueille et la famille et/ou d'autres intervenants.

Psychologue d'un service de santé mentale

Re: Handicap
Date: le 2 mai 2006 à 03:46

Comme psychologue d'un service de santé mentale, je collabore avec un service qui soutien la scolarité dans l'enseignement ordinaire d'enfants présentant un handicap physique important.

Ce travail est né d'une collaboration entre un centre de réadaptation fonctionnelle, des écoles désireuses d'accueillir ces enfants et le service de santé mentale.

Le service soutien les jeunes afin qu'ils puissent poursuivre leur scolarité dans de bonnes conditions (collaboration avec les enseignants, adaptation des conditions matérielles, soin,.)

En assistant aux réunions, mon travail et de soutenir l'équipe et la réflexion quand au soutien à apporter à ces jeunes.
Je rencontre aussi les jeunes et parfois leur famille lorsque des questions apparaissent '(ou lorsqu'il le souhaite).




Edité 1 fois. Dernière modification le 08/05/06 02:08.

Re: Handicap
Auteur: Vincent Fries () ( )
Date: le 3 mai 2006 à 11:27

J'ai effectué mes études en psychologie et en communication sociale à Louvain-la-Neuve. Je suis atteint d'une myopathie congénitale et je me déplace en fauteuil roulant électrique. Pour les personnes handicapées qui atteignent le stade universitaire, suite à la demande de nombreux handicapés physiques et sensorielles, l'université catholique de Louvain a mis en place une structure dont j'ai été à l'origine avec d'autres étudiants pour permettre un encadrement efficace de ces étudiants. Il s'agissait notamment de trouver des logements accessibles, de coordonner d'éventuels services d'aide extérieure, d'accompagner les étudiants durant leurs études, par des conventions, par exemple, avec l'Office national des aveugles. Avec le recul, on peut constater que la demande est en augmentation mais les moyens ne sont pas nécessairement à la mesure de l'attente. Néanmoins, en tant que personne handicapée, j'estime que l'université a effectué un travail de compréhension des problèmes et a répondu à un certain nombre d'attentes. Le gouvernement, dans ses diverses compétences, doit organiser cette aide.

Je suis aussi, avec d'autres étudiants à l'époque, à l'origine de la construction, à Louvain-la-Neuve, d'un service d'aide à la vie journalière. Cela implique aussi, de la part de la coordination de ce service, un contact étroit avec les services infirmiers ou autres de manière à ce que les bénéficiaires vivre en autonomie.

Bien que je ne connaisse pas vraiment le milieu de la santé mentale, j'estime que celui-ci est aussi un moyen d'avoir une photographie des besoins élémentaires des personnes.

Le handicap, c'est d'abord la personne qui en est atteinte qui le vit. Pas nécessairement son entourage ! Il s'agit donc de traiter les gens comme s'ils étaient ce qu'ils devraient être pour les aider à devenir ce qu'ils peuvent être.

Étant donné qu'il y a plusieurs intervenants, il y a un travail de coordination a effectué sans perdre d'esprit que la personne est le centre. Le but, pour la personne handicapée, est de lui faciliter la vie et non pas de la compliquer par une réglementation quelquefois contradictoire.

Il faut faire aussi attention à ce que les personnes porteuses d'un handicap soient actives dans leur processus d'autonomisation. Cela signifie qu'il faut les accompagner en fonction de leur projet personnel de vie qui est bien évidemment inviolable.

Vincent Fries

Re: Handicap
Date: le 3 mai 2006 à 03:45

Bonjour Monsieur Fries,

Compte tenu de la thématique générale de ce site qui porte sur "les services de santé mentale", je vous propose de reformuler votre propos et de le recentrer sur le sujet.


Re: Handicap
Date: le 7 mai 2006 à 12:08

J'aimerais répondre et faire une proposition concrète à Madame La Ministre Vienne, proposition qui touche tout à la fois à l'accessibilité aux soins en santé mentale pour tous et chacun,au décloisonnement des services (et pratiques)et au sens qu'il convient de donner au travail qui sans aucun doute s'y effectue.

Cette proposition me semble d'ailleurs rencontrer un certain écho dans les recommandations qui seront émises (et sans doute bientôt publiées) à la suite du colloque "Aux portes du soin : l'accessibilité en santé mentale", organisé par l'Institut Wallon de Santé Mentale, le 3 février dernier.

En outre, si cette proposition s'adresse plus particulièrement à Madame La Ministre,c'est parce que cette dernière a conjointement dans ses attributions l'organisation de la prise en charge des personnes handicapées(via l'AWIPH) mais aussi celle des Services de Santé Mentale en Région wallonne.

Enfin, ce n'est sans doute pas un hasard si je suis sensible aux problématiques rencontrées par les personnes présentant un "double diagnostic" (handicap et santé mentale), puisque je "gère" au quotidien un Service d'accompagnement (AWIPH - ce service accueille et accompagne de façon globale toute personne en situation de handicap qui en fait la demande), une Initiative d'Habitations Protégées (structure intermédaire en santé mentale) et un projet pilote SPF "Soins psychiatriques pour patients séjournant à domicile".

Je considère également, sans pour autant nier certaines spécificités, que le fait de développer une pathologie "lourde" en santé mentale peut constituer une situation de handicap, méritant aussi tout l'accompagnement nécessaire à une "prise en charge" globale.

Nous rencontrons donc régulièrement au sein de ces équipes des difficultés à trouver des "prises en charge" adaptées et du soutien, par exemple dans le cadre du suivi de "patients" alcooliques handicapés mentaux, de personnes sourdes et muettes en souffrance ... mais aussi d'accompagnement dans la durée de personnes présentant des incapacités persistantes du fait d'une maladie mentale par exemple dans le cadre d'un parcours d'(e) (ré)insertion professionnelle.

Ma proposition touche donc à l'organisation tant des services résidentiels pour jeunes ou adultes dépendant de l'AWIPH que des services , "dits généraux" (santé mentale, soins à domicile, ...):

Plus précisément, chaque fois que cela s'avérera possible et pertinent :

- pourquoi ne pas donner aux services résidentiels la possibilité de se structurer autour de la notion de "lieu de vie" (d'environnement naturel),plutôt que de ce qui s'apparente parfois à du "all inclusive" (dentisterie, soins médicaux, piscine, sauna,...), l'implantation venant renforcer ce sentiment de "mise à distance" contraire il me semble à une réelle volonté d'intégration?
- de façon concrète donc, pourquoi ne pas faire redescendre dans la cité, faire intégrer et donc renforcer les équipes déjà existantes des SSM, PMS, CSD,... les divers paramédicaux (psychologues, logopédes, kinés,...) des IMP ?

Cette proposition pour aussi farfelue et difficile à mettre en oeuvre qu'il paraisse de prime abord me semble dégager de multiples avantages parmi lesquels:

Pour les résidants

- identification de lieux ayant des fonctions différentes et réappropriation de leur lieu de vie
- intégration et participation à la vie sociale
- choix des prestataires de soins
- écoute diversifiée et intégrée
- ...

Pour les services et les prestataires

- sensibilisation à des problématiques diverses
- échanges de savoirs
- compétences élargies à des populations différentes mais ne séjournant pas nécessairement en institution
- décloisonnement par un travail de réseau et de partenariat entre professionnels et structures
- renforcement des équipes
- ...

Pour Mr et Mme tout le monde

- mixité et sensibilisation au quotidien
- élargissement des compétences et donc des réponses adaptées aux besoins
- diminution des délais d'attente
- ...

Pour tous :

- rapprochement entre "consultants" et thérapeutes dans un cadre le plus adapté possible tant du point de vue du langage que de la prise en charge
-...

Dans l'espoir d'une réflexion fructueuse et décloisonnée

Patrick Vandergraesen




Re: Handicap
Date: le 29 mai 2006 à 10:28

Je suis une personne handicapée.
Dans le cours de ma vie, j'ai passé des moments difficiles dans le cadre de la gestion de mon handicap.
Je n'ai commencé à avoir un soutien psychologique qu'il n'y a que quelques années.
Et depuis j'ai une meilleure gestion de ma vie quotidienne via une meilleure acceptation de mon handicap.
Maintenant je me rends compte que si j'avais pu avoir un accompagnement psychologique plutôt j'aurais certainement mieux gérer des moments clefs de ma vie
Surtout dans les relations, les orientations pendant mon enfance et adolescence.

L'accompagnement de mes parents aurait été aussi très important dans le cadre de la manière de gérer et surtout pour eux aussi d'accepter d'avoir un enfant handicapé et de mieux le vivre dans notre relation.
Je pense qu'un soutien psychologique aurait très bénéfique et nous aurait certainement pu nous permettre de vivre d'une manière bien plus familiale.

Si je devais passer des messages,
C'est qu'il ne faut surtout pas dissocier le physique et le psychologique dans le cadre du handicap physique.

Que la santé mentale soit mieux connue dans le monde du handicap physique.

Re: Handicap
Date: le 30 mai 2006 à 10:32

Merci Monsieur pour votre témoignage qui pointe l'utilité d'un accompagnement psychologique pour accepter l'handicap, ainsi que les difficultés à bénéficier d'un tel soutien.

Il suscite également une réflexion sur les modalités de prise en charge de la personne handicapée, notamment dans les services de santé mentale. Des professionnels peuvent certainement apporter des éléments complémentaires à ce sujet...


Re: Handicap
Auteur: Vincent Fries () ( )
Date: le 30 mai 2006 à 03:04

Le premier professionnel du handicap, c'est la personne handicapée elle-même ! Les professionnels sont des accompagnants de la personne handicapée. Pour pouvoir prendre en charge la personne handicapée, il faut que celle-ci est un accès facile au service de santé mentale. Cela signifie notamment une accessibilité en fauteuil roulant, un service qui puisse se rendre au domicile de la personne...

L'organisation actuelle des services de santé mentale est-elle capable de répondre à ce genre d'attente ?

À partir du moment où on prend en charge la problématique du handicap, il y a donc un certain nombre de problèmes pratiques à résoudre afin de répondre correctement à la demande intervention de santé mentale de la part de la personne handicapée.

Tout cela pour dire que dans la politique d'aide, aussi pratique soit-elle, aussi généreuse soit-elle, c'est avec une approche systémique qu'il faut tenter de résoudre les problèmes posés.


Vincent



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