Re: Handicap
Date: le 7 mai 2006 à 12:08
J'aimerais répondre et faire une proposition concrète à Madame La Ministre Vienne, proposition qui touche tout à la fois à l'accessibilité aux soins en santé mentale pour tous et chacun,au décloisonnement des services (et pratiques)et au sens qu'il convient de donner au travail qui sans aucun doute s'y effectue.
Cette proposition me semble d'ailleurs rencontrer un certain écho dans les recommandations qui seront émises (et sans doute bientôt publiées) à la suite du colloque "Aux portes du soin : l'accessibilité en santé mentale", organisé par l'Institut Wallon de Santé Mentale, le 3 février dernier.
En outre, si cette proposition s'adresse plus particulièrement à Madame La Ministre,c'est parce que cette dernière a conjointement dans ses attributions l'organisation de la prise en charge des personnes handicapées(via l'AWIPH) mais aussi celle des Services de Santé Mentale en Région wallonne.
Enfin, ce n'est sans doute pas un hasard si je suis sensible aux problématiques rencontrées par les personnes présentant un "double diagnostic" (handicap et santé mentale), puisque je "gère" au quotidien un Service d'accompagnement (AWIPH - ce service accueille et accompagne de façon globale toute personne en situation de handicap qui en fait la demande), une Initiative d'Habitations Protégées (structure intermédaire en santé mentale) et un projet pilote SPF "Soins psychiatriques pour patients séjournant à domicile".
Je considère également, sans pour autant nier certaines spécificités, que le fait de développer une pathologie "lourde" en santé mentale peut constituer une situation de handicap, méritant aussi tout l'accompagnement nécessaire à une "prise en charge" globale.
Nous rencontrons donc régulièrement au sein de ces équipes des difficultés à trouver des "prises en charge" adaptées et du soutien, par exemple dans le cadre du suivi de "patients" alcooliques handicapés mentaux, de personnes sourdes et muettes en souffrance ... mais aussi d'accompagnement dans la durée de personnes présentant des incapacités persistantes du fait d'une maladie mentale par exemple dans le cadre d'un parcours d'(e) (ré)insertion professionnelle.
Ma proposition touche donc à l'organisation tant des services résidentiels pour jeunes ou adultes dépendant de l'AWIPH que des services , "dits généraux" (santé mentale, soins à domicile, ...):
Plus précisément, chaque fois que cela s'avérera possible et pertinent :
- pourquoi ne pas donner aux services résidentiels la possibilité de se structurer autour de la notion de "lieu de vie" (d'environnement naturel),plutôt que de ce qui s'apparente parfois à du "all inclusive" (dentisterie, soins médicaux, piscine, sauna,...), l'implantation venant renforcer ce sentiment de "mise à distance" contraire il me semble à une réelle volonté d'intégration?
- de façon concrète donc, pourquoi ne pas faire redescendre dans la cité, faire intégrer et donc renforcer les équipes déjà existantes des SSM, PMS, CSD,... les divers paramédicaux (psychologues, logopédes, kinés,...) des IMP ?
Cette proposition pour aussi farfelue et difficile à mettre en oeuvre qu'il paraisse de prime abord me semble dégager de multiples avantages parmi lesquels:
Pour les résidants
- identification de lieux ayant des fonctions différentes et réappropriation de leur lieu de vie
- intégration et participation à la vie sociale
- choix des prestataires de soins
- écoute diversifiée et intégrée
- ...
Pour les services et les prestataires
- sensibilisation à des problématiques diverses
- échanges de savoirs
- compétences élargies à des populations différentes mais ne séjournant pas nécessairement en institution
- décloisonnement par un travail de réseau et de partenariat entre professionnels et structures
- renforcement des équipes
- ...
Pour Mr et Mme tout le monde
- mixité et sensibilisation au quotidien
- élargissement des compétences et donc des réponses adaptées aux besoins
- diminution des délais d'attente
- ...
Pour tous :
- rapprochement entre "consultants" et thérapeutes dans un cadre le plus adapté possible tant du point de vue du langage que de la prise en charge
-...
Dans l'espoir d'une réflexion fructueuse et décloisonnée
Patrick Vandergraesen