E-colloques

 Les Mots-clés. Vos réactions

Ce colloque n'est actuellement plus modéré. Il n'est donc plus possible de poster de nouveaux messages. Vous pouvez bien sûr consulter les messages existants.
L'IWSM s'intéresse actuellement au contenu de cet E.colloque. Une information préparatoire aux Assises du 12 septembre sera éditée fin du mois d'août. Merci pour votre intérêt.
Aller au sujet: PrécédentSuivant
Action: Les forumsLes sujetsChercher
Personnes âgées
Date: le 28 avril 2006 à 09:54

Faites-nous part de vos réflexions sur les personnes âgées en répondant ci-dessous!



Edité 1 fois. Dernière modification le 28/04/06 10:13.

Re: Personnes âgées
Date: le 16 mai 2006 à 03:57

- Le SSM n'est pas d'emblée, un centre de « consultations » pour les personnes âgées . Les personnes âgées éprouve souvent des difficultés à consulter d'emblée un centre de santé mentale ; en tout cas, ce n'est pas leur culture.
- par tradition, les personnes âgées parlent peu d'elles-mêmes surtout dans des endroits « prévus » pour cela.
- par contre, elles y viennent « pour » d'autres membres de leur famille, conjoint, enfants (surtout), petits-enfants lorsqu'elles se trouvent dans des fonctions parentales en remplacement de parents « absents ».

- Toutefois, nous avons toujours considéré cette population comme faisant partie intégrante de notre accueil généraliste.

- Nous pensons cependant que les modalités de contact avec elles doivent souvent être abordées différemment. Il faut davantage « aller vers elles » (d'où la question récurrente du domicile), être « souples » dans les horaires (tenir compte par exemple des contraintes des soins ou des visites d'aides familiales lorsque c'est le cas.), être plus « flexibles » et plus « inventifs ».

- C'est une population que nous touchons essentiellement par des tiers. Aides familiales, médecins généralistes, parfois infirmières à domicile.

- Nous la « touchons » également par le biais des familles, à l'occasion d'un placement, par exemple. A cet égard, le travail incité par ANA, « Avec Nos Aînés » (ssm spécifique) et opéré avec eux, permet d'introduire davantage la place des personnes âgées en SSM ; depuis quelques années (au sein de la ligue déjà, avant la redistribution en IWSM), nous réfléchissons à l'aspect santé mentale dans la prise en charge des personnes âgées.
Comment introduire une autre dimension que celle du soin organique, et redonner vie et place aux processus psychiques, sans « glisser » vers une sorte de fatalisme, d'un « à quoi bon ? ».

Comment « rendre de la vie aux années » alors que souvent les politiques sociales en matière des 3ème et 4ème âges oscillent des « jeunes retraités hyper speedés » aux personnes démentes, en fin de vie., sans le juste milieu qui est le plus souvent répandu, sans être pourtant abordé réellement
- la question de la solitude
- la question de l'affectivité, de la sexualité
- la question de l'inactivité, de la perte de goût
- la question financière parfois très importante
- etc,.

Et bien sûr, la dépression qui est parfois l'entrée dans un processus démentiel beaucoup plus grave, où des solutions vont devoir être trouvées, où les rôles familiaux vont être redistribués, où la souffrance intra-psychique du sujet va devoir être prise également en compte (à coté « du faire »).

Dans tout cela, le SSM a sa place., mais une place qui appelle sans doute des aménagements dans le concret.

Si ANA prend essentiellement en compte, la crise et l'urgence, les SSM ont à se positionner, en relais avec eux, dans un « ailleurs » qui est parfois encore à inventer au sein des équipes.

La nôtre me paraît être à ce croisement là. Il est clair que ce travail bouscule nos pratiques et nécessite d'autre types de réponses.

On est toujours confrontés à des choix compliqués. Devant l'explosion des demandes toutes azimuts, comment faire davantage de place, à un travail souvent différent dans ses modalités d'expression.

Responsable administrative d'un centre de guidance




Edité 1 fois. Dernière modification le 17/05/06 09:42.

Re: Personnes âgées
Date: le 22 juin 2006 à 04:36

Les personnes âgées ne vont pas ou peu dans les SSM. Cercle vicieux : faible demande -> faible offre -> faible demande. D'où ici aussi des arrivées en catastrophe aux urgences.

Re: Personnes âgées
Auteur: Equipe du SSM de Louvain-la-Neuve () ( )
Date: le 29 juin 2006 à 02:59

Elargir les collaborations avec MR, MRS, MSP et Centres de jour.

Re: Personnes âgées
Date: le 29 juin 2006 à 03:47

Bonjour à tous,

Je m'associe aux réflexions de mes collègues, très justes ! et souhaite apporter une contribution à ce débat, si heureusement proposé.

Faire un mot-clé "personnes âgées" nécessite en premier lieu de comprendre en quoi ce public cible pourrait être spécifique. Il est notoire que la question de la catégorisation sur base de critères tels que l'âge ou la situation socioprofessionnelle est inadéquate, en raison entre autres de la très grande hétérogénéité de la population âgée.

De façon générale, les personnes âgées, même si elles ne sont pas nombreuses à s'adresser à un service de santé mentale, sont des adultes âgés pour lesquels les approches thérapeutiques classiques sont parfaitement valides. Cependant comme le souligne le message ci-dessus, peu de personnes âgées consultent directement les SSM: ce n'est pas "dans leur culture" dit-on souvent; c'est exact, bien qu'il nous semble que les personnes âgées deviennent familières avec ces idées par le biais précisément des enfants et petits-enfants qui y recourent. Mais ce n'est parfois pas non plus dans la culture des intervenants de première ligne et/ou des proches: les mécanismes de banalisation et/ou de médicalisation sont fréquents, réduisant le recours potentiel aux soins de santé mentale. Et largement plus souvent, les professionnels de première ligne n'identifient pas les problèmes de santé mentale, faute d'être suffisamment sensibilisés à ces questions. Nous le constatons régulièrement dans les rencontres de réseau que nous organisons avec les travailleurs de terrain, qui se déclarent souvent très démunis, tant du point de vue théorique que pratique (le "que faire ?").

Par contre, une clinique spécifique nous paraît nécessaire dans les situations où les personnes âgées relèvent d'un vieillissement péjoré, où la dépendance fonctionnelle et/ou psychique et les pathologies spécifiques du grand âge requièrent une expertise particulière des soignants. Par exemple, la délicate étape du "placement" en maison de repos est l'une de ces situations difficiles; la maltraitance à domicile de parents âgés gravement dépendants sur le plan fonctionnel, l'apparition de démence, . en sont d'autres, moins rares qu'on le pense. La demande d'aide est alors le plus fréquemment formulée par un membre de la famille ou un intervenant professionnel et non la personne âgée elle-même. En effet, les évolutions pathologiques du vieillissement, en ce qu'elles ne permettent plus à la personne âgée d'assurer seule la réalisation de son devenir, entraînent l'implication incontournable d'un réseau d'aidants, qu'ils soit constitué de professionnels et/ou de proches, avec les conséquences fréquentes et souvent dramatiques d'épuisement physique et/ou psychique de ces derniers ainsi que les risques d'éclatement du réseau (multiplicité des intervenants, hypercomplexification de la situation, conflits inter-réseaux). Nous constatons dans nos formations à quel point les intervenants, confrontés à des fonctions lourdes et peu valorisées (ces soignants ont affaire à temps plein dans leur vie professionnelle aux plus âgés, aux plus fragiles, aux plus handicapés..avec des issues systématiquement difficiles) restent démunis en termes de ressources professionnelles. Par exemple, des soignants en souffrance dans une maison de repos car un des résidents est agressif et tous se désespèrent et s'angoissent sur ce qu'ils ne font pas bien qui rend ce résident farouchement hostile à toute activité. Le mythe des soignants est mis à mal, car ils sont insuffisamment formés à leur propres dérives et fantasmes de "bons" soignants et la personne en question était simplement un vrai caractériel...


Nous soutenons que l'aide en santé mentale des personnes âgées souffrant d'un vieillissement pathologique doit être multipôles:

- augmenter l'accessibilité des soins de santé mentale à la population âgée institutionnalisée en MR(S) ou confinée au domicile ou ayant des problèmes de mobilité est à notre sens une priorité (cf mot-clé accessibilité: pas de psys en MR(S), difficile d'obtenir un psy à domicile...) Il y a là une injustice sociale avérée. Les moyens alloués par les pouvoirs publics pour ces interventions sont trop faibles en regard des besoins et les évaluations se référant à la productivité (nombre de consultations) non pertinentes pour ce type de travail...Le temps à consacrer au travail de terrain est de surcroît -dans la majorité des cas - un temps non rémunéré et non valorisé sur le plan professionnel. Or rencontrer tous les intervenants sur le terrain sera plus facile à réaliser que de faire venir tout le monde au SSM, mais le psy du SSM y aura passé l'après-midi...

- une formation sérieuse en santé mentale des intervenants de terrain non spécialisés en santé mentale (aides familiales, aides-soignantes, AS, infirmières...) reste une question primordiale: dans ce secteur, la qualité des soins peut en être directement et fortement affectée. Des lieux de parole et des formations devraient être une priorité (pas seulement un petit plus de temps en temps), pas seulement une formation scientifique, mais aussi axée sur la tolérance, la compréhension du sens de ce qui se passe, et les questions de responsabilité (par exemple quant aux troubles du comportement des personnes âgées et des soignants.).

- le soutien par les pouvoirs publics de l'expertise et de la pratique clinique spécifique dans le secteur du vieillissement pathologique apparaît tout aussi importante; que ce soit la formation de professionnels en santé mentale ou la question de l'accès aux ressources. Le problème récurrent de la méconnaissance des ressources existantes à l'heure de la multiplicité des accès potentiels à ce type d'information (internet, annuaires, lignes gratuites.....) témoigne de ce que la bonne connaissance des ressources ne se réduit pas à une liste d'adresses mais nécessite une méta-connaissance du contexte du secteur qui est rarement co-dispensée. Nous tentons actuellement de réaliser ce pari difficile par la constitution d'un prototype "goal-oriented" de cadastre des ressources en santé mentale dans le Brabant Wallon.

Isabelle Neirynck
Equipe SAMRAVI (Mission spécifique "Personnes âgées", subsidiée par la Région Wallonne)
SSM de Louvain-la-Neuve





Re: Personnes âgées
Date: le 30 juin 2006 à 02:35

Personnes âgées
Population qui, culturellement, ne consulte pas les services de santé mentale :
- nécessité d'aller vers elle, d'une équipe mobile se déplaçant vers elle, dans les communes, dans les résidences, dans un local neutre vers lequel elles se déplacent, elles aussi, leur besoin de repères étant ainsi respecté, la démarche devient possible
- répondre à des plaintes explicites à travers un groupe peut touche les souffrances qui ne sont pas exprimées, leur permettant de se déposer
- favoriser le réinvestissement narcissique, le réinvestissement de la relation à l'autre, le réinvestissement dans la lignée intergénérationnelle et dans le tissu social
- prévention des vécus de perte, de deuil, de maltraitance, de problématiques diverses,.





Action: Les forumsLes sujetsChercher
Seules les personnes enregistrées peuvent poster sur ce forum.