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Réinsertion
Date: le 28 avril 2006 à 09:55

Faites-nous part de vos réflexions sur la réinsertion en répondant ci-dessous!



Edité 1 fois. Dernière modification le 28/04/06 10:12.

Re: Réinsertion
Date: le 9 mai 2006 à 12:28

En tant qu'association pour le Volontariat (en région francophone), nous favorisons l'engagement volontaire et orientons depuis des années les candidats volontaires vers des associations. Parmi les candidats, nous recevons des personnes avec des problèmes divers de santé mentale la plupart du temps envoyés par leur médecin spécialiste.
Conscients de l'importance de l'engagement volontaire comme un des outils de reconstruction pour les personnes "fragilisées", notre expérience sur le terrain nous montre, chaque jour, qu'un encadrement/accompagnement/tutorat est indispensable pour la réussite de cet engagement, indispensable tant pour le "volontaire fragilisé" que pour l'association collaborant avec des volontaires. Nous developpons actuellement un projet dans ce sens afin de permettre une reconstruction la plus positive possible pour la personne fragilisée (par la dépression) et une reinsertion optimale par l'engagement volontaire notamment
Souhaiterais pouvoir vous en parler davantage et suis à votre disposition.
Salutations sincères,
Hélène de Callatay
Directrice
Association pour le Volontariat asbl
email volontariat@skynet.be
http//www.volontariat.be

Re: Réinsertion
Date: le 15 mai 2006 à 02:23

En tant que secrétaire de cpas , je gère à l'heure actuelle un jeune de 28 ans qui est reconnu par l'Awiph comme handicapé suite à des problèmes de santé mentale,mais sans aucune intervention financière.
Ce jeune homme s'intégre difficilement .
Consciente de sa maladie et de ses difficultés nous le laissons travailler à son rythme.Il est dèjà mieux depuis son entrée il y a 4 mois.
La chose la plus difficile est le regard et le jugement des autres qui doivent modifier leurs façons de réagir vis-à-vis de lui.

Il y a dans ce domaine d'ENORMES choses à faire en Belgique où beaucoup de jeunes ,dans la tranche de 18 -30 ans,ne savent vers où se tourner .

Re: Réinsertion
Date: le 16 mai 2006 à 03:59

- Notre SSM s'inscrit de plus en plus dans un contexte global où ses missions et ses fonctions pluridisciplinaires, ainsi que la population qui y accède - de plus en plus désarrimée et désancrée - demande des réponses complexes, globales et inventives.

- On n'est plus - même si cet aspect reste primordial - dans un contexte de consultations stricto-sensu (les 10 à 15 dernières années nous le montrent à l'envi),mais déjà dans un travail à plusieurs où il va falloir s'articuler afin de trouver le meilleur moyen d'accéder aux difficultés de quelqu'un pour l'aider au mieux : c'est ainsi (voir vignette clinique) que très souvent, il faut articuler un travail à plusieurs, et à la fois :
- écouter les souffrances,
- essayer de ré-ancrer dans du lien social, familial, peut-être professionnel
- se repositionner sans cesse, sur la manière la plus adéquate d'aborder les difficultés
ex : pour les enfants, par le biais des thérapeutes à média, la recherche d'une structure (Awiph, Aide à la Jeunesse,.).
- tout simplement, soigner, y compris psychiquement voire physiquement (en lien alors avec l'extérieur.)

- Bref, ce travail plus complexe, plus polyvalent demande une connaissance - en profondeur - du réseau et des habitudes de concertation beaucoup plus grande et plus active. encore (ce que l'on met en place depuis pas mal d'années !).

- Cela signifie dans le concret que la personne qui fait appel à nous, qui nous consulte, doit être vue dans sa globalité, dans tout ses comportements, y compris dans ses difficultés sociales, familiales, et financières les plus concrètes.

- En effet, comment parler de soi, « se déposer », si on ne « connaît », ne possède pas, le minimum vital indispensable que pour vivre dignement.

Il y a des priorités à établir, la réinvention - qui n'est pas du « reclassement » à tout prix - , en fait partie : c'est pour moi, trouver dans chaque situation qui le nécessite, des possibilités de ré-ancrage correct, qui vont alors faciliter chez autrui un travail de reconstruction psychique ,sociale, et familiale.

Cela demande pour rappel, comme à priori, de bien connaître ses partenaires pour orienter le plus adéquatement possible, pour créer des ponts et des synergies entre professionnels.

Responsable administrative d'un centre de guidance




Edité 1 fois. Dernière modification le 17/05/06 09:42.

Re: Réinsertion
Auteur: Jean-Marc Bienkowski, asbl "Together Belgique" (Bénéficiaire d'un SSM) ( )
Date: le 29 mai 2006 à 10:45

Dans le cadre de ma réinsertion professionnelle je suis passé par le biais d'un centre de formation professionnelle de l'AWIPH.

Il n'est pas toujours facile de gérer handicap et vie professionnelle.

Souvent la réalité et les exigences de la vie professionnelle sont difficiles à gérer et donc encore plus à travers un handicap.

Donc au démarrage de ma formation j'ai du revoir mes envies par rapport au monde professionnel et également adapter et gérer mon handicap dans le cadre d'une réinsertion.

Pour moi cela a été un moment difficile à vivre, et maintenant connaissant les services de santé mentale, un soutien psychologique aurait été très bénéfique dans le cadre de ma formation et de ma réinsertion dans le monde professionnel.


Re: Réinsertion
Auteur: L. Mostaert, membre de l'asbl "Together Belgique" (Bénéficiaire d'un SSM) ( )
Date: le 9 juin 2006 à 11:32

Un problème important pour les personnes, après avoir eu des problèmes de santé mentale, c'est que leur réinsertion dans le travail ne peut généralement pas se faire de manière progressive.
On a souvent l'impression que pour les médecins conseils des mutuelles, c'est le tout ou rien : ou bien on ne travaille pas du tout, ou bien on travaille à plein régime.
Or, quand on a eu des sérieux problèmes, on a peut-être besoin de se remettre en activité, même professionnelle, mais progressivement. Et ce n'est pas parce que on est capable de travailler, bénévolement ou non, 2 ou 3 heures un jour de temps en temps, que l'on est forcément capable de gagner sa vie en travaillant à plein temps !

Le problème est similaire pour les personnes qui ont des problèmes de santé mentale dont ils ne pourront jamais se débarrasser (C'est ce qu'on appelle un handicap). Il y a des personnes, dans cette situation, qui voudraient pouvoir quand même « travailler » (mais forcément à concurrence de leurs possibilités, qui sont limitées par rapport à quelqu'un qui, officiellement, n'a pas de problèmes de santé) mais qui s'entendent dire : non, vous ne pouvez rien faire, ou alors vous « travaillez » comme tout le monde.

Quand on n'est pas à 100% malade ni à 100% en bonne santé, on a parfois envie, et peut-être même besoin, pour se sentir mieux, ou pour être « bien », ou en tout cas pour ne pas aller plus mal, de faire quelque chose d'utile (comme ceux qui travaillent et qui ont leur statut social reconnu grâce à leur travail), c'est-à-dire quelque chose qui ne soit pas à charge de la société !

On peut alors parler ici de réinsertion « par » le travail : le travail ne nuit quand même pas à la santé ! Il serait même plutôt un facteur de bonne santé. Alors pourquoi ne pas autoriser des « malades » à se soigner aussi par le « travail » ?

En parlant de projets thérapeutiques, ne pourrait-on pas imaginer pour des personnes ayant des problèmes de santé mentale, une sorte de partenariat entre les médecins ou les services de soins et les médecins-conseils des mutuelles ?
Il faut dire que, des fois, on pourrait avoir l'impression que ceux-ci agissent plus selon des critères économiques d'emploi plutôt que selon des critères médicaux de santé mentale !

En parlant de santé mentale et de réinsertion, si la plupart des services de soins en santé mentale travaillent aussi à la réinsertion sociale ou professionnelle de leurs usagers, dans les services de réinsertion professionnelle (pas ceux agréés par l'AWIPH, dont les stagiaires sont forcément des personnes qui ont des problèmes de santé), y travaille-t-on avec la santé mentale des stagiaires ? Pourquoi ? Tout simplement parce que la plupart des gens qui sont en réinsertion professionnelle en sont arrivées là parce qu'elles ont d'autres problèmes que celui de ne pas avoir d'emploi, et parmi ces problèmes, il y a très vraisemblablement des problèmes qui sont en rapport avec leur état de santé mental. S'en inquiète-t-on dans ces structures ?


Re: Réinsertion
Date: le 30 juin 2006 à 12:31

Article 23 asbl - Dispositif Local d'Insertion par le Travail ,
Unité Psychiatrique Intégrée n°1, Liège.

Le Travail : Outil d'Insertion.
. pour les plus exclus.


Article 23 asbl participe à l'insertion de personnes psychiatrisées.
Notre outil : le TRAVAIL.
Outil Structurant, Collectif, valorisant.

Article 23 asbl, c'est tout les jours, 43 stagiaires répartis dans nos ateliers. 43 personnes qui dans le circuit classique seraient en hôpital psychiatrique.

En effet, nous considérons que l'immense majorité des personnes internées peuvent être suivie et traitée dans le milieu de vie, dans des structures mise en place dans le milieu de vie des personnes.

Nous prouvons tous les jours que ces personnes ont une place dans la société.
Qu'ils sont capables de créer, de produire, de s'épanouir dans un travail, . d'être autre chose que des « Malades ».
Qu'ils sont capables de vivre dans la ville avec leur souffrance


Composé de 3 entreprises, 3 ateliers de production réelle tournés vers la fourniture de biens et de services de qualité pour la population dans laquelle ils s'inscrivent :
- un Atelier Horeca (Le Cheval Bleu) comprenant deux restaurants, dont un est lieu d'accueil ouvert à la population en difficulté. Ce lieu est également devenu un espace culturel.
Cet atelier a développé un secteur Traiteur largement reconnu et apprécié pour sa qualité, qui fonctionne comme autant de chantiers extérieurs en situation professionnelle réelle.
- un Atelier « les Métiers du Bâtiment » travaillant pour des particuliers mais également impliqué dans la création de logements d'insertion pour personnes sans abri, qui contribue à l'amélioration de l'environnement en réalisant des opération de rénovation urbaine, mais aussi de locaux pour les différents projets citoyens.
- SCB, Atelier des métiers de la communication : Secrétariat-Graphisme-Multimédia.

Ces lieux fonctionnent comme des entreprises, l'encadrement des stagiaires est donc assuré par des professionnels des métiers qui travaillent dans un esprit de compagnonnage.
Le discours dominant dans les dispositifs d'insertion socioprofessionnelle est de considérer « la motivation de la personne » comme un critère d'accès fondamental.
Nous pensons que la réflexion devrait être inversée, d'avantage basée sur :
« La Motivation du Dispositif à Insérer la Personne. »



Article 23 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme - ONU 1948
« Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage. »

Les dispositifs d'insertion socioprofessionnelle doivent être des outils d'accès au travail pour tous, « sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation. »

Les personnes psychiatrisées, en situation de désaffiliation sociale, sont exclues de la plupart des filières de travail. Nous avons donc créé un espace qui permette à ces personnes de s'intégrer dans un travail réel.
Un espace qui peut offrir des passerelles vers le travail en général et vers l'emploi en particulier.

Nos partenaires psychosociaux assurent le suivi des personnes en parallèle avec le stage. Mais également avant et surtout après le stage.
Ces partenaires sont inscrits dans l'induction d'une pratique démocratique de la santé mentale. Dans l'idée que les personnes en souffrance doivent être suivie dans le milieu de vie plutôt qu'en hôpital psychiatrique.

Cela via un suivi global et de long terme, assuré par des structures mise en place dans la communauté.

L'externalité du suivi psychosocial nous permet de nous écarter de la maladie, de la mettre entre parenthèse et de centrer le stage sur l'aspect « travail », sur les bienfaits et les difficultés de la mise au travail, sur « comment apprendre à se remettre au travail », sur l'acquisition et/ou la récupération de compétences, de capacités.

Le Ministère Wallon de la Formation rappelle clairement que :

« La formation est un droit.
Elle doit dès lors être accessible à tous.
Le Gouvernement wallon soutient par conséquent
des actions en faveur des publics fragilisés. »



La structure d'Article 23 asbl permet aux stagiaires d'effectuer leur parcours à leur rythme, de baisser le niveau d'entrée afin d'offrir le droit à tous, quelque soit son niveau de déstructuration de s'intégrer dans un processus de production réelle.



En s'insérant dans le processus de production des ateliers, les stagiaires sont immergés dans un monde cadré, dynamique et collectif. Un monde extérieur à leur situation personnelle, à leurs difficultés. Ce qui entraîne inévitablement une (re)structuration de leur fonctionnement, un retour à une vie active. Cela leur permet également de découvrir des points de repères, des valeurs de fonctionnement dans la société, une vision et une connaissance des droits et des devoirs liés au travail, aux rapports aux autres.

Le stagiaire bénéficie du temps nécessaire pour progresser à son rythme, il a le droit à l'erreur, le droit de redémarrer sur de nouvelles bases, de redéfinir ses objectifs, de recommencer un nouveau contrat, . .
Article 23 asbl va même plus loin lorsqu'il permet aux personnes qui ne pourront probablement pas réintégrer le monde habituel du travail de garder ce droit au travail à l'intérieur du dispositif.
Le droit a s'épanouir en s'immergeant dans une production réelle, dans une production de qualité.


Car le travail est un outil d'insertion.

Il est Structurant,
Collectif et
Valorisant.

Il permet l'intégration dans un groupe, dans une société.
Il permet aux personnes de participer à la création de biens utiles.

Notre action est un devoir de service au public, à l'ensemble du public, personnes psychiatrisées comprises.



Avec l'Equipe d'Article 23 asbl - Jean-Michel STASSEN, Directeur

Re: Réinsertion
Date: le 30 juin 2006 à 02:37

Réinsertion :
Le groupa à tâche permet aux personnes âgées de réinvestir autrement la famille, les amis et de redécouvrir la capacité de recréer de nouvelles relations.



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