Re: Réinsertion
Date: le 30 juin 2006 à 12:31
Article 23 asbl - Dispositif Local d'Insertion par le Travail ,
Unité Psychiatrique Intégrée n°1, Liège.
Le Travail : Outil d'Insertion.
. pour les plus exclus.
Article 23 asbl participe à l'insertion de personnes psychiatrisées.
Notre outil : le TRAVAIL.
Outil Structurant, Collectif, valorisant.
Article 23 asbl, c'est tout les jours, 43 stagiaires répartis dans nos ateliers. 43 personnes qui dans le circuit classique seraient en hôpital psychiatrique.
En effet, nous considérons que l'immense majorité des personnes internées peuvent être suivie et traitée dans le milieu de vie, dans des structures mise en place dans le milieu de vie des personnes.
Nous prouvons tous les jours que ces personnes ont une place dans la société.
Qu'ils sont capables de créer, de produire, de s'épanouir dans un travail, . d'être autre chose que des « Malades ».
Qu'ils sont capables de vivre dans la ville avec leur souffrance
Composé de 3 entreprises, 3 ateliers de production réelle tournés vers la fourniture de biens et de services de qualité pour la population dans laquelle ils s'inscrivent :
- un Atelier Horeca (Le Cheval Bleu) comprenant deux restaurants, dont un est lieu d'accueil ouvert à la population en difficulté. Ce lieu est également devenu un espace culturel.
Cet atelier a développé un secteur Traiteur largement reconnu et apprécié pour sa qualité, qui fonctionne comme autant de chantiers extérieurs en situation professionnelle réelle.
- un Atelier « les Métiers du Bâtiment » travaillant pour des particuliers mais également impliqué dans la création de logements d'insertion pour personnes sans abri, qui contribue à l'amélioration de l'environnement en réalisant des opération de rénovation urbaine, mais aussi de locaux pour les différents projets citoyens.
- SCB, Atelier des métiers de la communication : Secrétariat-Graphisme-Multimédia.
Ces lieux fonctionnent comme des entreprises, l'encadrement des stagiaires est donc assuré par des professionnels des métiers qui travaillent dans un esprit de compagnonnage.
Le discours dominant dans les dispositifs d'insertion socioprofessionnelle est de considérer « la motivation de la personne » comme un critère d'accès fondamental.
Nous pensons que la réflexion devrait être inversée, d'avantage basée sur :
« La Motivation du Dispositif à Insérer la Personne. »
Article 23 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme - ONU 1948
« Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage. »
Les dispositifs d'insertion socioprofessionnelle doivent être des outils d'accès au travail pour tous, « sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation. »
Les personnes psychiatrisées, en situation de désaffiliation sociale, sont exclues de la plupart des filières de travail. Nous avons donc créé un espace qui permette à ces personnes de s'intégrer dans un travail réel.
Un espace qui peut offrir des passerelles vers le travail en général et vers l'emploi en particulier.
Nos partenaires psychosociaux assurent le suivi des personnes en parallèle avec le stage. Mais également avant et surtout après le stage.
Ces partenaires sont inscrits dans l'induction d'une pratique démocratique de la santé mentale. Dans l'idée que les personnes en souffrance doivent être suivie dans le milieu de vie plutôt qu'en hôpital psychiatrique.
Cela via un suivi global et de long terme, assuré par des structures mise en place dans la communauté.
L'externalité du suivi psychosocial nous permet de nous écarter de la maladie, de la mettre entre parenthèse et de centrer le stage sur l'aspect « travail », sur les bienfaits et les difficultés de la mise au travail, sur « comment apprendre à se remettre au travail », sur l'acquisition et/ou la récupération de compétences, de capacités.
Le Ministère Wallon de la Formation rappelle clairement que :
« La formation est un droit.
Elle doit dès lors être accessible à tous.
Le Gouvernement wallon soutient par conséquent
des actions en faveur des publics fragilisés. »
La structure d'Article 23 asbl permet aux stagiaires d'effectuer leur parcours à leur rythme, de baisser le niveau d'entrée afin d'offrir le droit à tous, quelque soit son niveau de déstructuration de s'intégrer dans un processus de production réelle.
En s'insérant dans le processus de production des ateliers, les stagiaires sont immergés dans un monde cadré, dynamique et collectif. Un monde extérieur à leur situation personnelle, à leurs difficultés. Ce qui entraîne inévitablement une (re)structuration de leur fonctionnement, un retour à une vie active. Cela leur permet également de découvrir des points de repères, des valeurs de fonctionnement dans la société, une vision et une connaissance des droits et des devoirs liés au travail, aux rapports aux autres.
Le stagiaire bénéficie du temps nécessaire pour progresser à son rythme, il a le droit à l'erreur, le droit de redémarrer sur de nouvelles bases, de redéfinir ses objectifs, de recommencer un nouveau contrat, . .
Article 23 asbl va même plus loin lorsqu'il permet aux personnes qui ne pourront probablement pas réintégrer le monde habituel du travail de garder ce droit au travail à l'intérieur du dispositif.
Le droit a s'épanouir en s'immergeant dans une production réelle, dans une production de qualité.
Car le travail est un outil d'insertion.
Il est Structurant,
Collectif et
Valorisant.
Il permet l'intégration dans un groupe, dans une société.
Il permet aux personnes de participer à la création de biens utiles.
Notre action est un devoir de service au public, à l'ensemble du public, personnes psychiatrisées comprises.
Avec l'Equipe d'Article 23 asbl - Jean-Michel STASSEN, Directeur