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Secret professionnel
Date: le 28 avril 2006 à 09:56

Faites-nous part de vos réflexions sur le secret professionnel en répondant ci-dessous!



Edité 1 fois. Dernière modification le 28/04/06 10:10.

Re: Secret professionnel
Date: le 2 mai 2006 à 04:17

Il est indispensable de garantir la confidentialité au patient.
Le secret professionnel quand il est partagé entre plusieurs intervenants doit avoir l'accord préalable du patient. Il me paraît important de pouvoir préparer avec le patient ce qui est pertinent de transmettre à qui et pourquoi. Par exemple, une prise de contact avec l'envoyeur, avec le médecin traitant, avec un autre intervenant dans la situation actuelle, ou encore à une personne à qui référer le patient. Il en va de même lors de la rédaction d'un rapport pour une institution de soins, un médecin conseil, .
Cela implique évidemment l'utilisation d'un langage compréhensible par le patient.

Psychiatre dans un centre de guidance

Re: Secret professionnel
Date: le 15 mai 2006 à 12:26

Certes la confidentialité doit pouvoir être garantie aux patients... il semble du reste qu'elle ne soit pas garantie qu'aux patients vu le nombre de collègues (dont moi) qui témoignent anonymement...étrange phénomène pour un forum ?! Il serait intéressant de saisir ce qui se dit là ? Toujours est-il que la confidentialité doit effectivement être garantie mais aussi la publicité des situations que nous rencontrons...nombre de patients nous demandent des attestations de fréquentation de nos consultations pour la justice, pour le CPAS, pour l'école; ils nous demandent aussi, parfois de les accompagner en commission de libération conditionnelle par exemple ou au SAJ etc ...y consentir peut-être un acte en soi tout comme ne pas accéder à cette demande...Il me semble de ce fait que l'on ne puisse faire du secret professionnel une règle valable pour toutes les situations au risque que ce secret profesionnel devienne un paravant derrière lequel le professionnel peut se dérober....

Re: Secret professionnel
Date: le 15 mai 2006 à 09:44

Madame, Monsieur,

Pourriez-vous développer votre réflexion concernant l'anonymat qui vous semble étrange pour un forum?

Merci d'avance.

Re: Secret professionnel
Date: le 16 mai 2006 à 01:55

N'y voyez aucune ombre ou suspicion...un simple constat qui me traverse en lisant nos remarques faites dans l'anonymat...étonnant pour nous qui prônons plutôt une parole engageante, une parole qui fait acte.. peu familiarisé (vous noterez l'absence de "e" muet...indice quant au genre qui me caractérise !!) à ce genre de "colloque", il m'est difficile de témoigner ainsi de choses qui nous concernent au plus haut point; la parole virtuelle est, me semble-t-il, radicalement autre que la prise de parole dans le cadre d'un colloque, d'un séminaire ou autre...je tapote sur mon clavier sans crainte aucune, y passe une partie de la nuit, efface ce que je viens d'écrire, recommence prends une tasse de café, relis, etc... étrange une parole sur laquelle on peut ainsi revenir, pré visualiser et valider...j'apprends, découvre et utilise volontiers ces nouvelles modalités d'expression...et attends, je dois le dire, la synthèse en septembre et surtout....une parole de Madame la Ministre, une parole engageante. .mais aussi des actes non ceux du colloque mais des actes soutenant notre travail de fourmis.

Responsable d'une équipe, j'ai répercuté l'information comme il se devait auprès de mes collègues afin qu'ils consultent le site ; je fus très surpris de leurs réactions, peu convaincus de l'utilité de ce genre de forum...je poursuis néanmoins mes exhortations à l'occasion de nos réunions d'équipe...mais sans grand succès, je dois le dire et là, j'aimerais saisir ce "désenchantement" dirait Mylène Farmer...Alors que, notre travail clinique nous enthousiasme (je l'ai évoqué dans un autre sujet de ce forum), il nous passionne; nous ne saurions continuer à travailler si tel n'était pas le cas, nous sommes notre outil de travail aurait dit Balint, nous nous formons, nous nous faisons superviser, analyser etc parce qu'à chaque fois, chaque situation suppose que nous l'abordions en tant que telle radicalement autre de ce que nous avons déjà rencontré... travailler sur mesure (pour reprendre une métaphore évoquée dans un autre sujet) relève de la création, à chaque fois... se dégager du prêt à porter suppose une vigilance de chaque instant et de chacun d'entre nous, un réel engagement par rapport à ceux qui nous consultent, une rencontre au sens plein...alors, témoigner de tout cela sur la place publique n'est certes pas évident car de fait, nous n'évoquons pas un objet lointain, nos parlons d'un sujet avec tout le respect qu'il mérite... difficile parfois d'évoquer en dehors de nos colloques de professionnels, la richesse du travail réalisé avec l'un de ceux qui nous consulte auteur d'infractions à caractère sexuel (appellation juridique contrôlée), un abuseur en d'autres termes (appellation médiatique contrôlée) alors que nous avons eu l'occasion de recevoir et d'accompagner "Pierre fils de, maris de, père de"...ayant une histoire, ayant des joies, des peines, des traumatismes aussi...difficile de dire cela sur la place publique et puis quelle importance finalement ce qui importe avant tout, c'est ce qui s'est noué entre Pierre et moi et le bout de chemin que nous pouvons faire ensemble...pour la première fois de sa vie, Pierre a eu l'occasion de dire de se dire, de me dire, de dire les abus qu'il a commis, ceux connus de la Justice, ceux qui n'ont pas été dénoncés, ceux aussi qu'il a subis durant son enfance, nombreux, il a pu me dire l'injustice, il a pu me dire son peu de foi en l'autre ; pour l'heure je ne pourrai jamais garantir que Pierre ne récidivera pas ; ce n'est pas ma place d'en être le garant ; les psy n'ont pas à être les garants d'une quelconque normalité.nous sommes là pour qu'une parole puisse se déployer, puisse se dérouler, puisse se témoigner, s'écrire...Tout cela Pierre l'a partagé pour la première fois de son existence et poursuit son travail dans ce sens....chapeau, Pierre ! Chapeau bas même pour ce parcours qui est le vôtre et la confiance que vous me témoignez dans nos séances de travail..en disant cela, je ne cautionne en rien les actes que vous avez pu poser, je les comprends, vous aussi, aujourd'hui, et de ce fait demain ne sera plus comme hier ni pour vous, ni pour moi.

Alors, oui, désenchanté de dire publiquement toute la richesse de ce travail impayable, en regard de cela, il est quasi trivial de "demander" encore et encore alors que nous n'avons jamais été entendus ce propos une augmentation de nos moyens en personnel, une augmentation de subventions de frais de fonctionnement qui invariablement depuis 1976 (30 ans, et oui déjà) sont restés à l'identique alors, oui, témoigner anonymement pour préserver cet espace de sujet que nous sommes parvenus à dégager Pierre et moi, cet espace d'ex-sistence dégagés des discours psycho-médico-légaux, politiques, moralistes, juridiques etc....

Alors, rêvons.. peut-être serait-ce un acte de la part de notre Ministre de tutelle de prendre parfois position dans des débats concernant ce genre de situations complexes. .mais il y a un risque, celui de ne pas être politiquement correct.. le psy n'est pas politiquement correct, il n'a pas à l'être ; il a, me semble-t-il, à garder le parti du sujet. dans ce qu'il a de plus singulier, de plus intime, de plus subversif aussi.

Bien à vous



Edité 1 fois. Dernière modification le 16/05/06 02:10.

Re: Secret professionnel
Date: le 16 mai 2006 à 01:59

Petite précision par rapport à mon message précédent, une petite erreur s'étant glisée liée à mon manque de familiartié avec les ecolloques....pour l'heure même si j'ai été bénéficiaire de SSM à plus d'une reprise, en l'occurrence, je témoigne en tant que professionnel de ssm.. petite rectification



Edité 1 fois. Dernière modification le 16/05/06 02:09.

Re: Secret professionnel
Auteur: Vincent Fries () ( )
Date: le 16 mai 2006 à 02:46

Le problème que vous évoquez est encore plus complexe que cela selon moi. Les travailleurs du service de santé mentale sont sur le terrain des besoins. Ils sont, d'une certaine façon, photographe des besoins des personnes qui consultent.

De l'autre côté des travailleurs de terrain, il y a les directions, les ministères, etc. mais aussi l'ensemble des réglementations souvent contradictoires qui empêchent, non seulement la liberté d'action des bénéficiaires mais aussi la libertés d'action des travailleurs de terrain pour répondre au mieux aux attentes des bénéficiaires.

Il est temps de se rendre compte que, à force de de cloisonner les professions, on complique la vie des gens plutôt que de la simplifier.

Je ne suis pas professionnel des services de santé mentale mais je suis une personne handicapée dépendante d'un certain nombre de services pourrait être autonome. Je sais de quoi je parle. C'est mon vécu et c'est le seul qui est en prendre en compte ! Je n'ai pas demandé à être dépendant !

Re: Secret professionnel
Auteur: Centre de guidance de Tubize () ( )
Date: le 29 juin 2006 à 05:28

Le partage du secret professionnel se fait d'une part à l'intérieur de l'équipe, entre les membres et d'autre part à l'intérieur du réseau. La présence et la participation du patient à ce partage permet d'en assurer la cohérence éthique.



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