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 Le territoire et le temps

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Urgence = réponses multiples?
Auteur: Modérateur ( )
Date: le 30 septembre 2005 à 09:38

Quelques questions pour cogiter ce week-end ?

On observe que la question du bien-être individuel et collectif, ou plus ponctuellement, qu'une même situation ne peut être solutionnée durablement par un seul secteur. Dès lors, il convient d'adopter approche globale et intégrée, c'est-à-dire une intervention croisée.

. Comment procéder en pratique ?

. Comment passer de l'urgence à un travail sur les facteurs à l'origine des problèmes des usagers ?

. Comment le travail des services et des pouvoirs publics s'inscrit-il concrètement dans la vie quotidienne des usagers ?

Baudouin Massart
Modérateur E.colloque

Re: Urgence = réponses multiples?
Auteur: Vincent Fries ( )
Date: le 30 septembre 2005 à 03:12

Comme utilisateur de différents services, j'observe néanmoins, selon moi, qu'il y a beaucoup de similitude entre le travail sur des populations différentes. Prenons un exemple : il y a le travail avec les personnes âgées et le travail avec certaines personnes lourdement handicapées. Beaucoup de choses se ressemblent point de vue du travail, or, selon moi, les réglementations propres aux travailleurs de chaque secteur sont différentes. Pourtant il y a des points communs mais on a compliqué les choses à cause de réglementations séparées. Il est donc important de réaliser un travail de simplification administrative.

Il est important donc de rationaliser l'aide aux personnes sans oublier que le travail de terrain, c'est du cas par cas. Ce n'est pas le bénéficiaire qui doit s'adapter à la réglementation, c'est plutôt l'inverse à savoir que la réglementation doit s'adapter au bénéficiaire !

En tant que bénéficiaires et usager, on a vraiment l'impression que les pouvoirs publics et le gouvernement sont bien trop loin de la réalité quotidienne des travailleurs et des bénéficiaires des services.

Nous sommes les spécialistes de notre vie. Consultez-nous en priorité. En mettant nos savoirs en commun, les professionnels de l'aide aux personnes et les usagers arriveront à se faire entendre. Il serait intéressant que tous les décideurs, à quelque niveau que ce soit, communaux, régionaux, fédéral,..., fassent en quelque sorte, un stage sur le terrain de façon à se rendre compte des réels problèmes. Ainsi, la prise de conscience serait beaucoup plus rapide parce que elle serait vécue et ne se limiterait pas à la lecture de rapport anonyme qui ne sont qu'une interprétation de la réalité mais qui ne sont pas la réalité quotidienne !

Re: Urgence = réponses multiples?
Auteur: Claude Emonts ( )
Date: le 11 octobre 2005 à 01:23

Certaines réponses me semblent déjà présentes sur le terrain, même si elles sont loin d'être parfaites, je pense aux réseaux qui existent aujourd'hui sous la forme des institutions châpitre XII "Relais sociaux en Wallonie". Les situations d'urgence sociale ne peuvent être laissées à la charge des seules grandes villes : chacun doit assumer sa responsabilité. Mais, bien sûr, il ne s'agit pas de "pondre" un Décret et de faire comme si cela suffisait, sans donner des moyens financiers correspondants. Les communes formant les ceintures des villes n'iront pas "au charbon" si envoyer leurs pauvres vers le centre suffit pour s'en débarasser. Or pour le moment on travaille sous enveloppe fermée, mais avec l'obligation d'accepter toute nouvelle association candidate, pour autant qu'elle réponde aux objectifs. Et comme ils viennent tous pour obtenir des moyens financiers en plus pour eux, on obtient le résultat contraire à celui recherché : des frictions ou/et moins de moyens pour tous...
Ici, il s'agit seulement de prendre en charge l'urgence. Après cela, il faut tenter le pont vers l'insertion sociale ou/et profesionnelle. J'avoue que dans nombre de cas, j'en arrive à la conclusion que l'insertion sociale est le SEUL palier envisageable, et encore sans croire que ce sera facile...
Ici, l'investissement dans des "Maisons de la Citoyenneté" (sous diverses appellations) qui englobent services publics et associations de quartier me semble une formule "gagnante", mais il est vrai qu'elle requiert du temps (ce n'est pas à la mode...) et encore et toujours de l'argent (ce n'est pas à cela qu'il est dépensé le plus volontiers). Mais ceci dit, ça marche... avec du bon personnel. Créer du lien social est déjà une victoire sur la précarité.
Tous les acteurs concernés doivent ici tenter de se mettre en réseau et c'est possible, même si l'intérêt particulier prime souvent dans les circonstances actuelles.
Le niveau premier est bien sûr celui de l'enseignement. A cet égard, le CPAS de Seraing a lancé une expérience qui est porteuse d'espoir et qui s'appelle le "maillage social". Il s'agit de coordonner tous les intervenants scolaires et sociaux afin que se déclenche un signal au moindre problème scolaire dont l'origine pourrait être la précarité. Signal à prendre en charge dès lors au niveau où se trouve le jeune : famille, SAJ, CPAS, CPMS, etc... chacun étant amené à s'échanger les informations un peu comme dans un dossier médical global...
Il ne s'agit bien sûr encore que d'une expérience limitée à Seraing et aux communes qui ont des élèves fréquentant les écoles sérésiennes, mais il s'agit déjà d'une belle et intelligente tentative de mettre tous les réseaux et communes/CPAS/services sociaux autour d'une table et d'agir dans le même sens.
Quant à la vie quotidienne des usagers, le Relais social tente de structurer des groupes de parole et d'échanges, mais outre que l'on y voit toujours les mêmes, ils sont très peu fréquentés. Je crois plutôt à l'efficacité des actions menées dans les maisons de la citoyenneté ou les services divers de redynamisation, car ils impliquent une démarche volontaire de s'inscrire dans quelque chose d'organisé, de durable et de collectif.

Claude Emonts.



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