Re: pas de pratiques territoriales ?
Date: le 5 octobre 2005 à 06:28
Le Relais Social, 10 boulevard Jacques Bertrand, 6000 Charleroi.
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Cher Monsieur Baudouin Massart,
Votre intervention suscite un afflux de réflexions, de commentaires, de questions.
La construction, la co-construction et le développement d'un réseau regroupant les services publics et privés actifs dans l'aide aux populations en situation de précarité sociale aiguë, fonctionnant depuis avril 2001 et construit sur une base territoriale, nous permettent d'apporter une expérience en réponse à vos questions..
Etant la nôtre, cette expérience est singulière, mais elle n'est pas unique. Nous sommes convaincus que de nombreuses autres pratiques de travail social obtiennent également des résultats appréciables. Par ailleurs, les avancées constatées à notre niveau ne devraient pas cacher les difficultés incommensurables auxquelles sont confrontées les personnes fortement marginalisées ou en situation de grande vulnérabilité sociale rencontrées par les travailleurs et les services du réseau.
Je vais tenter de répondre au fil des jours à vos questions.
En guise d'introduction, je reprendrai un extrait de l'introduction du Rapport d'activités 2003. Ces quelques lignes situent le type de position que nous adoptons pour parler du réseau :
« Le rapport d'activités 2003 se différenciera sensiblement de celui des deux années précédentes. Au niveau du contenu, il ne se limitera plus à présenter les activités du pôle de coordination du réseau, il présentera prioritairement l'évolution du travail social des différents services partenaires du Relais Social.
Quels ont été les moyens mis en ouvre par le Relais Social ? Quelles avancées ont-ils permises ? Quelles sont les évolutions rencontrées ? Comment les différents objectifs du Relais Social sont-ils mis en ouvre ? Quels sont les problèmes actuels ? Quels sont les projets du réseau ?
Autant de questions auxquelles nous nous attacherons à répondre, en évitant de nous substituer aux services ou à leur rapport d'activités.
Il y a trois ans, la démarche « parler des services partenaires au nom du réseau » nous semblait impossible. Nos préoccupations étant entièrement consacrées à la mise en place d'un réseau complexe, il nous manquait le recul nécessaire pour tenter de démêler les pratiques qui relevaient du réseau de celles qui appartenaient aux services. Par ailleurs, certains services estimaient, à juste titre, qu'eux seuls étaient habilités à parler de leur pratique.
Il nous a fallu le temps d'apprendre à nous connaître, à nous apprécier, à construire et co-construire l'identité de notre réseau.
Aujourd'hui, nous avons pu mettre en place une méthodologie collective de travail autour du rapport d'activités. Cette méthodologie a l'avantage de donner la parole aux services.
A l'instar d'Andréa Réa, nous avons considéré les responsables de service du réseau restreint comme de véritables experts de leur service et du réseau. Pour réaliser cet écrit, nous avons rencontré chacun d'entre eux et écouté ce qu'il proposait voir apparaître dans un rapport commun. Nous avons rédigé un rapport d'entretien qui a été soumis à sa correction ; le projet de rapport d'activité du réseau a ensuite été soumis aux membres de la CORS , de sorte que le résultat final corresponde, au plus près, au consensus. Nous avons, entre autres, essayé de discriminer ce qui relevait du réseau de ce qui appartenait aux services. Nous n'avons ni reproduit, ni analysé, par exemple, les analyses institutionnelles trop pointues, parce qu'elles relevaient plus d'une dynamique interne au service partenaire qu'à une dynamique de réseau.
Un tel travail n'aurait pu se réaliser, nous semble-t-il, avant que des liens ne se tissent, avant que la confiance ne s'installe, avant que chacun ne s'approprie le réseau. »