E-colloques pour une Charte Sociale Wallonne

 Le territoire et le temps

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Le travail en réseau comme exemple de partage du territoire et du temps
Auteur: lysiane colinet ( )
Date: le 14 octobre 2005 à 01:38


Le Relais Social Urbain de Mons-Borinage
56b, rue du Hautbois, 7000 Mons
065/84 34 19 - relais.social.mons@skynet.be

Un petit exemple montois...


Troisième Relais social à s'être mis en place en Région Wallonne, après ceux de Liège et de Charleroi, et avant ceux de Verviers et La Louvière, le Relais social urbain de Mons-Borinage a aujourd'hui une expérience de coordination de près de 2 ans.

De la réflexion locale en matière de précarité, aux actions de 2005 et perspectives 2006, le souci permanent a été et reste plus que jamais d'essayer de donner plus et de meilleures réponses à la pauvreté.

La concertation, l'amélioration des formations, la mise en place d'outils de monitoring et la prise en compte des besoins des services et des usagers sont autant de contributions qu'un Relais Social tente d'apporter pour ne laisser personne au bord du chemin.

Pourquoi travailler en réseau

La diversité et la complexité des besoins à rencontrer nécessitent plus que jamais l'organisation de réponses coordonnées et associant les différentes expertises disponibles.

La mise en réseau des acteurs est une pratique développée depuis un certain temps déjà dans les secteurs de l'économie (clustering), de l'informatique, de l'emploi (mission de régisseur-ensemblier confiée au service public de l'emploi), de la santé etc. Aujourd'hui, il est également un outil de plus en plus utilisé dans la sphère de l'aide sociale.

On ne peut s'empêcher de faire un lien entre cette popularité grandissante de du travail en réseau dans le domaine des sciences sociales et le développement des communications. Mais le succès de ce mode de travail nous semble pouvoir être également attribué au rejet progressif de plusieurs types de fonctionnements devenus insatisfaisants.

Le fonctionnement causal,par exemple, a montré ses limites: la seule mise relation des attributs des personnes ne peut être que moins efficace que les relations entre ces personnes .

Nous pouvons également pointer aussi les insuffisances de la gestion pyramidale des services et des interventions. La pyramide divise le travail et au mieux additionne les tâches ; le réseau multiplie la valeur ajoutée des contributions. La pyramide s'auto-centre sur son propre fonctionnement tandis que le réseau ne cesse de co-évoluer avec son environnement. Il invite à produire de l'intelligence collective tout en garantissant à chacun son identité et sa liberté .

L'impact de la mise en réseau sur les acteurs sociaux et les usagers

Qu'entendons-nous par « réseau »

S'est d'abord révélée à Mons la nécessité d'une définition du mot « réseau ». Le terme est aujourd'hui tellement usité qu'il était difficile de s'assurer que nous en avions une définition commune.

Le réseau, tel qu'on l'entend à Mons, pourrait se définir dans les termes employés par Vincent Lemieux « les réseaux sont faits de liens, généralement positifs, forts ou faibles, tels qu'il y a une connexion directe ou indirecte de chacun de sparticipants à chacun des autres, permettant la mise en commun des ressources dans le milieu interne ».

Comment mettre en place le réseau : la formalisation des partenariats existants et la construction de nouveaux réseaux
En référence à la question de l'e-colloque « Le secteur social peut-il prendre l'initiative pour susciter le processus partenarial transversal, c'est-à-dire intersectoriel, en particulier à l'échelon local ? ».
La question ne s'est pas posée en ces termes dans les villes où le Gouvernement Wallon a décidé de mettre en place un Relais Social. D'emblée, il a été décidé de formaliser, par un service spécialisé, extérieur au services locaux, le réseau existant et de créer des collaborations là où elles étaient indispensables.
Rencontres, concertations, écoute, établissement d'un climat de confiance, identification des besoins de chaque service, ont été les premiers outils utilisés pour construire le réseau.
L'un des avantages à la mise en place d'une professionnalisation du réseau par un Relais Social hors des enjeux individuels de chaque institution, a incontestablement été la diminution des résistances des services publics et privés à travailler ensemble et à l'élaboration de coopérations, conventionnées parfois. Elles commencent à porter leurs fruits pour les travailleurs sociaux et par contrecoup pour les usagers, et contribueront, pour le moins, à effectuer des économies d'échelle.
L'utilité du travail en réseau à Mons pour les travailleurs sociaux

Ces fruits commencent à être visibles à plusieurs niveaux, et ce sont les membres du réseau qui les énoncent au travers de ce que nous appelons « GCRS » :groupes de concertation du Relais Social.

Tout d'abord le réseau a permis de mettre le doigt sur des ressources sur lesquelles les travailleurs sociaux peuvent compter pour travailler efficacement et de les mobiliser. Etre informé des rôles et limites de l'autre, mieux se connaître suite à des rencontres de concertation ont permis à des institutions psycho-médico-sociales d'établir des relations plus proches et efficaces.
Par exemple, les travailleurs urgentistes des hôpitaux qui trouvent dans les interventions d'urgence sociale du C.P.A.S. une porte de secours pour diminuer l'engorgement des urgences par des situations de détresses sociales et non de santé. Le réflexe de l'appel au C.P.A.S. n'existant pratiquement pas avant la rencontre de coordination.

Ensuite, non seulement l'échange d'informations mais aussi l'accord sur la façon d'échanger, et donc le secret professionnel partagé ou non, a aussi été plus cadré suite à l'adhésion des partenaires à la charte du Relais Social Urbain de Mons-Borinage, mais également grâce aux mises aux points opérées en concertation.

Dernier exemple que nous citerons, l'influence que le réseau peut avoir sur les politiques publiques.

Quand des acteurs s'unissent pour pointer ensemble les besoins du secteur et font des propositions pour diminuer les dysfonctionnements au travers des concertations du Relais Social sachant qu'elles seront relayées vers le Gouvernement wallon (puisqu'il s'agit d'une des missions décrétales des Relais Sociaux), on peut supposer qu'elles auront un certain impact sur la politique menée. En toute hypothèse, la sollicitation des Relais Sociaux par la Ministre de l'Action Sociale pour l'obtention de toutes une série d'informations sur la situation locale en matière de grande précarité et l'acceptation du subventionnement de projets qui en découle nous amène à penser que, sans doute, et nous attendons de voir, les réseaux locaux peuvent influencer la politique sociale globale.

D'autres avantages expérimentés par les acteurs du réseau du Relais social urbain de Mons-Borinage sont apparus: une meilleure communication entre les différents services, la maîtrise de plus d'informations sur le fonctionnement et les limites des autres services, l'augmentation de la confiance entre services, l'établissement de plus de lien entre services associatifs et publics, l'échange de compétences et la garantie du respect des engagements de chacun.


L'utilité du travail en réseau à Mons pour les utilisateurs de service

Le témoignage apporté ici n'est que déduction des travailleurs sociaux en ce qui concerne l'impact positif sur les usagers du travail en réseau. L'avis des utilisateurs de service n'a pas encore été demandé ; il sera pris en compte via notre participation aux groupes de parole des usagers.

Néanmoins, ce que nous pouvons en dire, c'est qu'en tout bon sens, une personne sera mieux orientée si le service qui la reçoit connaît le service, ou un intervenant avec lequel il a une relation privilégiée dans le service. Il aura sans doute moins l'impression d'être « la patate chaude », mais pourra aussi moins utiliser le système de manière chaotique.

L'usager sera aussi mieux reçu si l'intervenant est rassuré par le fait qu'il peut être aidé dans son accompagnement par d'autres services spécialisés.

En outre, la professionnalisation des interventions en réseau assure un fonctionnement plus clair et transparent des services.

Et enfin, dans des situations d'urgence, la connaissance des services joignables et adéquats fait gagner du temps pour la prise en charge du bénéficiaire.




Re: Le travail en réseau comme exemple de partage du territoire et du temps
Auteur: Modérateur ( )
Date: le 17 octobre 2005 à 11:26

Quelle est l'aire d'action du Relais social de Mons-Borinage ?
Est-elle extensible (en incluant d'autres partenaires dans d'autres entités) ?


Baudouin Massart
Modérateur E.colloque

Re: Le travail en réseau comme exemple de partage du territoire et du temps
Auteur: lysiane colinet ( )
Date: le 17 octobre 2005 à 11:53

Bonjour,

Le réseau s'étend à l'arrondissement administratif de Mons-Borinage (Baudour,Quaregnon, Colfontaine...). Tous services psycho-médico-socialde ces villes peut s'inscrire dans notre réseau (nous travaillons déja avec la Maison Maternelle "Le Kangourou" de Baudour).
Soucieux de bien installer le réseau montois, nous n'avons pas encore fait de propositions officielles aux différentes villes du Borinage (une rencontre sur le sujet entre CPAS borains devrait être un préalable à cela), ni aux diverses associations, mais nous sommes ouverts à toutes nouvelles collaborations.

Au plaisir de vous lire.

Lysiane COLINET
Coordinatrice générale du Relais Social Urbain de Mons-Borinage.

Re: Le travail en réseau comme exemple de partage du territoire et du temps
Auteur: Modérateur ( )
Date: le 17 octobre 2005 à 12:16

Bonjour,

Merci de votre réponse.

J'observe aussi que votre première intervention met l'accent sur des aspect pouvant servir à l'évaluation des politiques publiques (notre troisième e-colloque actuellement en cours). Exemple : limites du fonctionnement causal ; insuffisances de la gestion pyramidale des services et des interventions ; les avantages et l'efficacité à travailler en réseau ; la satisfaction des services à travailler ensemble ; etc.

Peut-être pourriez-vous également intervenir dans ce forum en présentant quelques indicateurs qui montrent l'efficience à travailler en réseau ?
http://www.labiso.be/ecolloque/site/e3_intro.php

Au plaisir de vous lire



Baudouin Massart
Modérateur E.colloque

Re: Le travail en réseau comme exemple de partage du territoire et du temps
Auteur: Vincent Fries ( )
Date: le 17 octobre 2005 à 03:44

Travailler en réseau, d'accord ! Mais à force de partager les responsabilités avec des réglementations d'ordre intérieur complexes où chacun prêche pour sa chapelle, en disant « ce n'est pas moi à le faire, c'est à l'autre intervenant », on construit un mauvais esprit au détriment de l'aide du bénéficiaire. Dans le domaine, il y a aussi besoin de formation ! C'est un bénéficiaire qui vous le dit...



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