Stratégie du partenariat et phénomène migratoire aux Asturies (F. J. Mahía Cordero)
Date: le 30 novembre 2005 à 02:56
Jean-Marie Delvoye, directeur d'Optim@, coorganisateur du colloque du Réseau Européen d'Intelligence Territoriale qui s'est tenu à Liège les 20 et 21 octobre 2005, nous a fait parvenir une série de contributions présentés lors de ce colloque et en rapport avec notre e-colloque.
Signalons, par ailleurs, qu'un Cahier Labiso a été consacré à Optima :
"Optim@ sur le territoire de Seraing. Un observatoire pour réfléchir et agir avec les acteurs socio-économiques et de la santé".
(http://www.labiso.be/ebooks/33-34_optima/index.html)
Baudouin Massart
Modérateur E-Colloque
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LA STRATEGIE DU PARTENARIAT AUX ASTURIES
Francisco Javier Mahía Cordero
Responsable Territorial ACCEM Asturies
empleo@accem.es, +34 985 16 56 77
Adresse professionnelle
ACCEM Asturias. Avda. del Llano,27. 33209. Gijón (Asturias). ESPAÑA
Sommaire : Le partenariat comme stratégie de gestion des relations et des procédés de dynamisation du territoire, à partir de l'approche du phénomène migratoire aux Asturies.
La stratégie du partenariat aux Asturies, à partir de l'approche du phénomène migratoire.
ACCEM (Association Commission Catholique Espagnole de Migration) est une organisation non gouvernementale qui développe ses services et ses programmes dans le cadre des migrations. La stratégie du partenariat constitue un axe vertébral dans les plans et dans les programmes que ACCEM développe dans chacun des territoires dans lesquels elle intervient pour favoriser et promouvoir l'insertion sociale et l'emploi des réfugiés et des immigrants en Espagne.
CONTEXTE D'ACTIONS
Brève référence du contexte territorial : Asturies
Asturies est une communauté autonome uniprovinciale du nord de l'Espagne, constituée de 78 municipalités. Selon les dernières données connues sur la population correspondant à la révision du recensement de 2004. Asturies compte 1.073.761 d'habitants. Du total d' habitants de 2004, 558.714 sont des femmes (équivalant à 52%) et 515.047 sont des hommes (équivalant à 48%). Il faut signaler à ce propos qu'une des caractéristiques démographiques de notre communauté est la baisse et le vieillissement de la population. À propos du flux migratoire, Asturies compte avec une population immigrante de 22.902 personnes (desquels 4.546 sont communautaires et 18.356 sont non communautaires ), ce qui représente 2,13% du total de la population recensée.
En accord avec les données apportées par l'INE sur l'enquête de la population active, Asturies comptait à la fin du premier trimestre 2005 avec une population active d'environ 448.400 personnes, desquels à peu près 397.800 étaient occupées, ce qui signifie un taux de chômage du 11,28% (équivalant à peu près à 50.600 chômeurs).
Les principales caractéristiques de la structure du système productif que présente notre communauté sont :
_Région de tradition industrielle en déclin (l'industrie minière, la sidérurgie, l'industrie navale) qui a souffert les successives restructurations et restrictions. Cependant le poids du secteur industriel (28%) dans la structure du système productif régional reste important (supérieur à celui du secteur à niveau national)
_Tertiarisation de l'économie régionale.
_Structure patronale privée, fondamentalement encadré en petites et moyennes entreprises.
À partir de la perspective de la cohésion sociale, Asturies est une communauté avec un bon niveau d'articulation de la trame associative et syndicale.
Brève référence du contexte d'ACCEM aux Asturies.
ACCEM développe aux Asturies ses services et ses programmes avec le collectif migrant depuis 1992. Elle possède deux sièges locaux, un à Gijón (277.000 habitants) et l'autre à Oviedo (210.000 habitants).
Les principaux programmes que ACCEM développe dans notre région sont :
Accueil temporel des Réfugiés et des Immigrants (Centres d'accueils)
Intégration sociale et à l'emploi des Réfugiés et des Immigrants
Formation socio-éducative et sensibilisation
Investigation et développement communautaire (Observatoire Permanent de l'Immigration des Asturies -ODINA-)
Initiatives Communautaires de l' Emploi et du développement des Recours Humains (Horizon, Integra, Equal ..)
Antécédents d'action dans le développement de la stratégie du partenariat
Une des principales stratégies que ACCEM développe est la dynamisation des territoires à partir de ses Centres d'Accueil. Il s'agit de mobiliser et d'articuler les recours disponibles, (humains, techniques, matériaux, économiques, financiers.) autour d'une dynamique de création d'activités sociales et économiques proche aux besoins réels des territoires où sont situés les centres. De cette façon, les Centres d'Accueil se sont transformés en lieux dynamiques de la vie socio-économique locale générant des espaces de participation et de coopération entre les acteurs (coopérants) locaux, qui ont permis la mise en place d'actions orientées à aborder les situations de précarité et d'exclusion, aussi bien de la population migrante (réfugiés et immigrants) comme de la population autochtone. Cette stratégie a permis la création d'embryons du partenariat local entre les différentes associations et institutions qui interviennent aussi bien à niveau des planifications des politiques sociales, comme à niveau opérationnel de l'exécution des programmes et des projets. À ce propos, signaler que le développement des initiatives communautaires a aussi permis l'expérimentation des stratégies, des méthodologies, et des matériaux; ce qui a permis renforcer, agrandir et consolider la cohésion sociale des structures du partenariat local.
Un des résultats plus positif et visible de l'application et expérimentation de la stratégie du partenariat que ACCEM développe aux Asturies (en plus des autres territoires, comme Sigüenza et Guadalajara) est la création et la mise en place depuis l'an 2000, de l'Observatoire Permanent de l'Immigration des Asturies (ODINA)* Un observatoire qui est basé sur les principes d'Intelligence Territoriale (la participation, l'approximation globale du territoire, le partenariat des acteurs locaux, l'accessibilité aux technologies de la société de l'information et de la communication, le développement soutenable.) avec une structure du partenariat composée de 52 structures qui appartiennent aux associations et institutions (publiques et privées) dont le principal but est de faire connaître la réalité socioéconomique du collectif immigrant et potentialiser la participation des acteurs locaux dans la mise en place des stratégies et des actions qui facilitent la lutte contre les situations de précarité et d'exclusion, aussi bien de la population migrante (réfugiés et immigrants), comme de la population autochtone défavorisée.
( * www. Odina.info).
LES LEÇONS APPRISES DANS LE DÉVELOPPEMENT DE LA STRATÉGIE DU PARTENARIAT
Le fait que ACCEM assume le partenariat comme un principe d'action de l'association (dans le développement des différents plans, programmes et projets) nous a permis d'expérimenter et d'acquérir un savoir basé aussi bien dans la pratique quotidienne comme dans la réflexion sur les procédés, les phases, les avantages et désavantages dans l'application et la gestion du partenariat comme stratégie de dynamisation du territoire dans la lutte contre la précarité et l'exclusion.
Dans ce sens et partant de notre praxis, nous pouvons mettre en valeur trois leçons apprises à propos
Des objectifs de la stratégie du partenariat
Des dimensions de la stratégie
Des procédés de constitution
À propos des objectifs de la stratégie du partenariat
Nous avons constaté à partir de notre expérience que dans toute stratégie de partenariat, il faut au moins avoir présent les objectifs suivants, comme axe vertébral des procédés de lutte contre la précarité et l'exclusion ;
Agglutiner les acteurs
Structurer les stratégies et les méthodologies
Proposer des actions
Maximiser et optimiser les interventions et les recours
Participer et influencer dans le dessin et l'exécution des politiques sociales
À propos des dimensions de la stratégie.
Nous considérons que dans une stratégie de partenariat on doit gérer les acteurs et les relations en fonction d'une série de dimensions territoriales qui dans la plupart des cas, sont étroitement interrelationnelles. Et qui agissent comme des forces d'attraction ou de rejet des dynamiques aussi bien de constitution comme de consolidation du partenariat ;
Dimension sociale (structure associative, réseau d'appui social, culturel.)
Dimension politique (structure décisoire des politiques sociales .)
dimension juridique/ administrative (structure législative.)
dimension économique (structure productive .)
dimension financière (structure décisoire des politiques économiques.)
À propos des procédés de constitution du partenariat
Notre proposition de systématisation des phases de constitution du partenariat sont les suivantes ;
Description de la situation qui occupe le/les promoteur/s du partenariat en relation avec eux et avec les autres acteurs (type de relation, antécédents de collaboration, modèles de représentation.)
Identification des relations existantes entre les autres acteurs (qui est qui, type de relation, antécédents, modèles de représentation .)
Identification des objectifs, intérêts des acteurs, actuels et potentiels ( qui fait/ferai quoi, avec qui, pourquoi, pour .)
Identification des recours disponibles (humains, techniques, matériaux, financiers ..)
Elaboration d'un plan d'action, objectifs communs des acteurs, objectifs communs et spécifiques des promoteurs.
Objectifs spécifiques des acteurs
Concrétiser les plans, les programmes et les projets
Evaluation des actions
Reformulation des procédés de constitution
LES LIMITATIONS ET LA VALEUR ADITIONELLE DE LA STRATÉGIE DU PARTENARIAT
Tout procédé de constitution du partenariat implique la gestion des relations, des intérêts et des conflits entre les acteurs impliqués. Le partenariat n'est pas et ne peut être compris comme un principe magique qui peut résoudre les problèmes et les difficultés que signifie aborder le phénomène de la précarité et de l'exclusion sociale. Nous entendons le partenariat comme une proposition participative, collective et coopérative de confronter ces problématiques et envisager de nouvelles solutions. En définitive, le partenariat reste un défi dans la société actuelle, un modèle qui envisage des avantages et des limitations dans les procédés inhérents à sa constitution et consolidation comme proposition et stratégie de l'approche des situations précaires et de l'exclusion sociale qui touche notre société actuelle.
Les limitations de la stratégie du partenariat
Peu de culture du travail coopératif, en réseau ; craintes, méfiance, sentiments d'intromission entre les acteurs.
La pluralité des intérêts particuliers des différents acteurs
La pertinence du contexte (social, politique, économique .) pour promouvoir la construction du partenariat besoin de temps et recherche du moment adéquat pour initier le procédé.
L'adéquation aux différents rythmes et recours humains, techniques et matériaux
Les antécédents des conflits entre les divers acteurs.
La valeur additionnelle de la stratégie du partenariat
La gestion intégrale et collective des problématiques et des solutions (renforcement des mécanismes de solidarité et de participation entre les acteurs / distribution des espaces de responsabilité et du pouvoir, potentialité de la cohésion sociale territoriale)
Effet '' pont'' / ''médiation'' pour les procédés d'interlocution, pour la gestion des conflits, pour les relations entre les acteurs
Actions transversales face à la compartimentation des politiques sociales
La complémentarité et optimisation des recours (humains, financiers, technologiques ..)
L'amélioration des procédés de participation et prise de décision des différents acteurs dans la planification et le développement des actions (renfort de l'horizontalité entre acteurs)
Faciliter la construction d'un langage et d'un objectif commun entre les acteurs des différentes dimensions (sociales, économique).